Soyo — Lourenço Mendes Cabral, chef du Service des migrations et des étrangers (SME) de la municipalité de Nzeto (province du Zaïre), a dénoncé vendredi une complicité présumée de certains opérateurs de transport interprovinciaux dans le trafic d'immigrants clandestins vers Luanda.
Dans une déclaration à l'ANGOP, le responsable a souligné le manque de contrôle rigoureux dans la délivrance des billets de transport, notamment en ce qui concerne l'identification des passagers, comme l'un des principaux facteurs facilitant la circulation des ressortissants étrangers en situation irrégulière. Selon la source, des indices laissent penser que des employés de certaines compagnies de transport sont impliqués. Ils faciliteraient l'achat de billets par des étrangers en situation irrégulière, souvent au moyen de documents d'identité appartenant à d'autres personnes.
« Les personnes impliquées ont des liens avec des employés des opérateurs et font monter des immigrants clandestins dans les bus, possiblement contre rémunération, en utilisant des cartes d'identité de tiers », a-t-il expliqué. Il a ajouté que certains de ces citoyens reçoivent des instructions préalables pour se faire passer pour des personnes en situation régulière lors des contrôles de police sur la route Zaïre/Luanda.
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Il a également révélé que des véhicules privés, des chauffeurs de taxi et des conducteurs de camions font partie du réseau présumé facilitant l'immigration clandestine et que, dans certains cas, les migrants sont transportés cachés dans des coffres à outils afin de tromper les autorités. Il a indiqué que ces véhicules transportent en moyenne jusqu'à 15 migrants clandestins et que la police nationale de Nzeto avait saisi neuf véhicules ces derniers jours pour implication dans ce trafic.
Lourenço Mendes Cabral a jugé la situation préoccupante et a appelé à la mobilisation de la société civile pour lutter contre ce phénomène, qui représente une menace pour la sécurité et la souveraineté nationales. Il a évoqué un réseau organisé de trafic de migrants, avec des ramifications à l'étranger, qui facilite l'obtention frauduleuse de documents nationaux par des ressortissants étrangers. Certains d'entre eux transitent même par Luanda et s'installent dans des pays comme les États-Unis.
Le responsable a plaidé pour des sanctions plus sévères contre les crimes de promotion et d'aide à l'immigration clandestine, similaires aux mesures adoptées dans la lutte contre la contrebande de carburant, qui, selon lui, ont porté leurs fruits. Concernant le bilan, il a indiqué que de janvier à mai de cette année, le commissariat de police de Nzeto avait interpellé 88 immigrants clandestins, dont 25 dossiers ont été transmis au parquet pour des infractions telles que la falsification de documents, l'entrée et le séjour illégaux sur le territoire angolais et l'usage de documents d'identité d'autrui.
Cette source s'exprimait en marge de la première réunion de coordination des organismes chargés de l'administration de la justice, présidée par le juge António Luís Narciso Moreira, président du tribunal de district de Soyo.