Week-end de démonstration politique pour le Pastef et Ousmane Sonko : congrès samedi, meeting d'investiture populaire dimanche à l'Arena de Diamniadio. Le parti affiche son unité et sa force, au lendemain de la rupture consommée avec le président Bassirou Diomaye Faye. Mais quels scénarios pour ces prochains mois de cohabitation ?
Le nouveau gouvernement pourrait-il faire l'objet d'une motion de censure ? Aucune déclaration de politique générale n'est planifiée. Elle n'est pas obligatoire, mais l'usage veut qu'elle soit faite -- et c'est à ce moment que le Premier ministre peut solliciter la confiance. Les députés peuvent aussi déposer une motion de leur propre initiative, avec un dixième des effectifs. Ousmane Sonko, lui, s'est voulu rassurant dimanche sur la situation globale.
« Il n'y a pas de crise institutionnelle au Sénégal. Cette nouvelle configuration qu'il y a au Sénégal, il y en a eu partout, sans tambours ni trompettes. Le peuple sénégalais a choisi de confier l'exécutif à quelqu'un, même si nous savons tous grâce à qui, et le législatif à quelqu'un d'autre, ou à un autre groupe. Il y a certes un malentendu entre des personnes ou des courants politiques. Mais ni l'état du Sénégal, ni les institutions, ni sa sécurité, ni sa stabilité, ne sont engagés aujourd'hui »
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Discours rassurant, malgré un divorce politique acté. L'analyste Moussa Diaw n'anticipe pas d'affrontement frontal : « Politiquement, ce n'est pas bien pour eux. Surtout Sonko, car l'on verrait en lui quelqu'un qui veut bloquer. Je pense qu'ils vont éviter ce bras de fer et faire en sorte qu'il y ait une collaboration et en respectant les prérogatives de chacun d'entre eux. »
Il identifie tout de même des points de friction comme les relations avec le FMI autour de la dette ou les avancées judiciaires sur les morts des manifestations politiques. En interne, le cas des ministres dissidents et celui de Bassirou Diomaye Faye, toujours président d'honneur du parti, devrait être tranché par le bureau politique. Ousmane Sonko a aussi prévenu : pas de report des élections locales de janvier 2027, prochaine épreuve de force pour le Pastef. Aucun décret fixant la date n'a été pris.
