Le Musée national de Lagos connaît un engouement inédit depuis la rénovation d'une de ses trois galeries. Pour 2,5 euros, les visiteurs accèdent à un espace moderne voulu vivant et interactif pour les Nigérians et les touristes. C'est également l'occasion de lancer un signal au monde entier : le Nigeria est prêt à accueillir ses oeuvres spoliées et éparpillées dans le monde entier.
Des étudiants en pharmacie, venus célébrer la fin de leur année au Musée national de Lagos, enchaînent les poses devant des plaques de bronze du Royaume du Bénin datant du XVe siècle. C'est inhabituel dans un musée, mais ils peuvent également les toucher, avec précaution.
Taiwo, 26 ans, n'avait pas mis les pieds dans un musée depuis l'école élémentaire. Au début sceptique, il s'est laissé séduire : « Avant de venir, je n'étais pas très intéressé par la visite du musée, mais j'ai vu des choses, pris des photos et je connais quelques histoires. On voit certaines de ces choses dans les films. Mais en vrai, c'est une expérience différente. »
Le musée a rassemblé une collection d'objets d'art issus de fouilles archéologiques représentant les civilisations des quatre coins du Nigeria, comme les sculptures en terre cuite Nok du Ve siècle ou des artefacts en cuivre des Igbo-Ukwu.
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« La nouvelle galerie nous a vraiment fait connaître »
Grâce à sa popularité sur les réseaux sociaux, le musée a vu sa fréquentation fortement augmenter. Nkechi Adedeji, sa conservatrice, se félicite de mettre le patrimoine à la portée de tous. « La nouvelle galerie nous a vraiment fait connaître, se réjouit-elle. Tout le monde est invité à venir au musée : le grand public, les communautés qui nous entourent. Car il s'agit de notre identité, de notre héritage culturel. Les gens doivent connaître le musée et leur histoire. Les gens ont besoin d'entrer en contact avec ces objets, en les touchant. Quand ils les touchent, il y a une sorte de connexion à leur héritage vivant ».
Mais de nombreuses oeuvres sont manquantes, comme le rappellent trois vitrines en verre où trône un écriteau « British museum how far ?? », qui signifie en pidgin nigérian : « Quoi de neuf le British Museum ?? » L'institution britannique refuse en effet de restituer un grand nombre d'oeuvres pillées au Nigeria par l'armée britannique en 1897.
Ce modèle de galeries est voué à être reproduit dans d'autres villes du pays à condition de trouver des financements privés suffisants.