On aurait pu croire qu'ouvrir les frontières aux ressortissants africains ferait l'unanimité. C'était sans compter sur l'opposition togolaise, qui a un talent remarquable pour transformer n'importe quelle décision gouvernementale en preuve irréfutable de mauvaise gouvernance.
Cette fois, c'est le parti FDR de Paul Dodji Apévon qui monte au créneau. Son porte-parole Kohan Kidékiyime Binafame a dégainé avec une formule qui claque : « On repeint la façade continentale pendant que la maison brûle. »
L'argument est savoureux : accueillir les Africains sans visa serait en réalité une opération de communication destinée à masquer un déficit de légitimité. Autrement dit, si le gouvernement fait quelque chose de bien, c'est forcément pour de mauvaises raisons.
En attendant, une certitude demeure : qu'il pleuve ou qu'il fasse soleil, qu'on construise une route ou qu'on exempte un visa, l'opposition aura toujours une raison de crier au loup. C'est un talent. Presque un art.