Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi 4 juin à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. Tout est parti de la présomption d'un plan, piloté par la communauté internationale, pour installer de façon permanente les migrants dans ce pays.
Ce 4 juin 2026 à Tripoli, des centaines de manifestants anti-migrants ont bloqué les bureaux du HCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés, ainsi que le siège de la Manul, la Mission d'appui des Nations unies pour la Libye.
Devant le siège du HCR à Tripoli, les manifestants ont scandé des slogans hostiles aux migrants et à leur installation permanente dans le pays : « Non, non à l'installation ! », « La Libye est aux Libyens ! » et « Sortez de la Libye ! », peut-on lire sur les pancartes.
Devant le siège de la Manul, les manifestants ont tenté d'accéder aux bureaux, avant l'intervention des services sécuritaires. Très en colère, ils ont réclamé le départ du HCR.
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Il y a un an, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé le nombre de migrants et de réfugiés en Libye à 900 000 personnes. Les Libyens évoquent, de leur côté, 1,5 million de personnes.
La guerre au Soudan a nettement augmenté le nombre de ces migrants et réfugiés.
La Mission de l'ONU s'inquiète d'un « discours de la haine »
Dans sa première réaction, la Manul nie l'existence d'un plan qui vise à réinstaller les migrants, affirmant que ces informations « sont infondées ». Elle s'inquiète « du discours de la haine » et des « appels à la violence » contre ses employés libyens et internationaux. Elle précise qu'elle travaille en coopération avec les autorités libyennes pour trouver des solutions aux personnes qui ont fui les conflits.
Mais le gouvernement de Tripoli a, lui-même, jeudi, dans un communiqué, déclaré son opposition au plan de réinstallation de migrants, ce qui a rajouté à la confusion.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Elle est gérée par deux gouvernements rivaux : celui reconnu par l'ONU basé à Tripoli (ouest) et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif à Benghazi (est) contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.
Dans ce contexte, passeurs et trafiquants ont profité du climat d'instabilité qui y règne pour développer des réseaux clandestins pour migrants d'Afrique subsaharienne et de pays asiatiques souhaitant émigrer en Europe, par la mer.