Tunisie: L'art de communiquer

Les banques et les assurances seraient, du 23 au 25 juin, vraisemblablement, en grève, sauf revirement de dernière minute.

Une décision qui inquiète décideurs politiques, acteurs économiques et financiers, observateurs et, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les professionnels du secteur eux-mêmes. Une inquiétude tout à fait légitime, car trois jours de grève, c'est trois jours de gel financier, de paralysie commerciale, de freinage sec à la consommation et, donc, de perturbation économique qui risque d'être lourde de conséquences.

Mais ce qui est encore plus grave, c'est que la grève annoncée pourrait être un signal fort négatif pour nos partenaires étrangers, les donneurs d'ordres et toutes les structures et instances économiques et financières aussi bien régionales qu'internationales. Et c'est bien désolant, car notre pays, qui a réussi à réinventer son modèle économique, commence aujourd'hui à en cueillir les fruits, ce qui justifie, en somme, une embellie économique progressive, des finances publiques mieux maîtrisées, un appareil productif qui reprend de la vitesse et un capital- confiance international récupéré.

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De belles réalisations qui risquent, malheureusement, d'être remises en cause, ce qui confère à cette question une sensibilité particulière. Cela ne signifie aucunement qu'on conteste ou qu'on condamne cette décision, mais tout simplement il y a lieu de peser le pour et le contre.

Les secteurs bancaire et des assurances ont la légitimité totale de manifester leur mécontentement, et d'exiger leurs droits sociaux. N'oublions pas d'ailleurs que les banques, notamment, ne cessent d'une année à l'autre, de multiplier les performances et de réaliser des marges bénéficiaires élargies, grâce à l'engagement des professionnels à performer leur secteur et à prendre même les risques nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de leur institution.

La reconsidération de cette implication est, donc, bien méritée, et les augmentations exigées le sont certainement davantage. Toutefois, malgré cette légitimité, on reste convaincu qu'il y a, de toute évidence, d'autres manières de gérer cette question. Il suffit, tout simplement, de communiquer, ou plutôt de savoir communiquer. Un élément fondamental jusque-là négligé, pour ne pas dire oublié.

Tous les analystes reconnaissent, en effet, que seuls le dialogue et des échanges sérieux sont en mesure de positiver les décisions, de rapprocher les positions et de dissiper les divergences, quelle qu'en soit la complexité. Malheureusement, on en est encore loin. D'ailleurs, le secrétaire général de la Fédération générale des banques, des établissements financiers et des assurances estime que «l'escalade est due au blocage des différents canaux de communication». Il parle même «d'une suspension totale depuis 2023». Une défaillance à corriger d'urgence.

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