Afrique Centrale: Human Rights Watch accuse le Rwanda et l'AFC/M23 de nombreuses exactions dans deux camps du Nord-Kivu

Recrutements forcés massifs, coups, déshydratation, exécutions sommaires... Dans un rapport rendu public ce mercredi 10 juin, l'ONG affirme que Kigali et le groupe armé se sont rendus coupables d'actes qualifiés de crimes de guerre dans les camps militaires de Rumangabo et de Tshanzu au lendemain de la prise de Goma, en janvier 2025. Le document ne ménage pas non plus Kinshasa, également pointé du doigt pour son soutien à des groupes armés responsables de graves abus.

Un rapport de l'ONG Human Rights Watch (HRW) publié ce mercredi 10 juin accuse l'AFC/M23 et l'armée rwandaise de nombreuses exactions qualifiées de crimes de guerre dans deux camps militaires du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.

Au lendemain de la prise de la ville de Goma, le 30 janvier 2025, quand 11 camions quittent le stade de l'Unité avec environ 1700 personnes à leur bord et prennent la direction du nord, vers Rutshuru, débute alors une campagne de recrutement forcé qu'HRW, qui a mené quelque 200 entretiens avec d'anciens détenus, qualifie de systématique.

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Soldats des forces armées congolaises (FARDC), policiers, fonctionnaires ou simples civils raflés dans des quartiers, des hôpitaux ou des églises : tous sont conduits de force dans les camps de Rumangabo et de Tshanzu où l'ONG estime que des centaines de personnes sont mortes au cours de l'année 2025. Des fosses communes ont été signalées par des témoins à Rumangabo, ainsi que des perturbations du sol relevées par imagerie satellitaire.

Les FARDC également mises en cause

Reste que le rapport ne ménage pas non plus la partie gouvernementale congolaise, pointée du doigt pour son soutien à des groupes armés responsables de graves abus. Le texte documente entre autre le soutien des FARDC aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et à certaines factions Wazalendo accusées de violences, de détentions arbitraires et d'actes d'extorsion à l'encontre de déplacés autour de Goma.

En conséquence de quoi, HRW demande à Kinshasa de cesser tout soutien matériel à ces groupes et d'ouvrir des enquêtes indépendantes visant l'ensemble des parties au conflit.

Kigali, comme l'AFC/M23, n'ont répondu à aucune de ses sollicitations, affirme par ailleurs l'ONG.

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