La 23e Coupe du monde de football s'ouvre aujourd'hui à 21h 00 au mythique stade aztèque de Mexico. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il s'agit d'un Mondial assez inédit à plusieurs titres. D'abord, de 13 pays invités en 1930 en Uruguay (il n'y avait pas d'éliminatoires à l'époque), ils passent aujourd'hui à 48, soit pratiquement le quart des 211 membres de la fédération internationale de l'association.
Du coup, la compétition s'étalera sur 38 jours, soit plus d'un mois, avec 104 matches au total. Un véritable marathon sportif donc qui laissera bien de traces dans de nombreuses sélections, surtout que les internationaux sortent souvent d'une saison au cours de laquelle ils ont disputé 50 à 60 matches.
Le caractère inédit de cette grand-messe mondiale du sport Roi réside aussi dans le fait que le tournoi est accueilli par 3 pays hôtes, à savoir les USA, le Canada et le Mexique. Même s'il faut préciser que c'est l'oncle Sam, qui accueillera la finale le 19 juillet, qui se taille la part du lion ou de l'aigle, si vous préférez, laissant la portion congrue des matches à ses 2 co-organisateurs.
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Ce Mondial nord-américain est aussi marqué par l'introduction de nouvelles règles du jeu, que certains pays ont pu expérimenter ces derniers jours, lors des matches amicaux de préparation. Il s'agit notamment de la lutte contre les pertes de temps et les ruses tactiques comme les remplacements chronométrés, des sanctions contre ceux qui se couvrent la bouche pour parler, de la vérification par la VAR pour un second carton jaune... L'objectif étant d'éviter les pertes de temps, comme c'est souvent le cas.
Mais comme cela arrive parfois, des problèmes politiques entre nations s'invitent au stade. Cette année, c'est la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l'Iran qui est au centre du jeu. Alors que le conflit vient d'entrer, le mardi, dans son 100e jour, l'Iran, logé dans le groupe G à Seattle et à Los Angeles en compagnie de la Belgique, de l'Égypte et de la Nouvelle-Zélande, est presque interdit de séjour sur le territoire américain.
Du coup, les indésirables ont dû renoncer à leur camp de base, initialement prévu à Tucson en Arizona, pour prendre leurs quartiers à Tijuana, au Mexique. Ils seront donc obligés de faire des allers-retours à chacun de leurs matches, avec les désagréments organisationnels, physiques et financiers qu'une telle situation implique.
L'Iran n'est, hélas, pas la seule victime de Donald Trump dans cette affaire, puisque certaines délégations, et même des officiels de la FIFA, rencontrent de sérieux problèmes d'accès au territoire américain; à l'image de cet arbitre somalien refoulé à son arrivée à l'aéroport de Miami, au grand dam de la FIFA, dont le président, Gianni Infantino, s'est littéralement aplati devant le patron de la Maison-Blanche.
Et que dire du prix des billets souvent prohibitif (de 560 à 2 813, souvent 4 135 et même 2 millions de dollars), puisque les tarifs s'adossent à un esprit mercantile qui empêchera de nombreux supporters de suivre leur équipe ? Et ce, pour un sport qui est pourtant populaire par essence. Carton rouge donc à l'organisateur américain.
Place maintenant au jeu. Et on espère qu'il y aura du spectacle sur le terrain. Comme toujours avant chaque compétition, les bookmakers rivalisent de paris sur le futur champion. Et à ce petit jeu, les noms qui reviennent le plus souvent sont l'Espagne, la France, le Brésil, l'Argentine, ainsi que les outsiders comme le Portugal, l'Angleterre, l'Allemagne. Mais tous sont bien payés pour savoir que Dame coupe peut être particulièrement capricieuse. Il y a tellement d'impondérables ! Sauf vraiment à avoir une boule de cristal, bien malin qui pourrait dire dès aujourd'hui qui brandira le graal le 19 juillet prochain.
Et l'Afrique dans tout ça? A la faveur de l'élargissement du nombre de pays qualifiés,le continent dispose de 10 représentants. C'est l'Afrique du Sud qui va ouvrir le bal face au Mexique. Parmi les ambassadeurs africains, il y a ceux habitués au mondial comme la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Sénégal, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et l'Egypte. On a aussi la RDC et le Cap-Vert. Certains peuvent tirer leur épingle du jeu en se qualifiant pour les 16es de finales et ont même des arguments à faire valoir devant n'importe quelle équipe.
Il n'y a qu'à voir la victoire des Éléphants face aux Tricolores, même si c'était pour le prestige, pour s'en convaincre. Cependant, les choses pourraient se compliquer à partir des matches à élimination directe. Ce qu'il faut espérer, c'est que l'une de ces équipes africaines fasse mieux que le Maroc en 2022, qui avait plié le Portugal en demi-finale. Jusque-là, les Lions de l'Atlas détiennent le meilleur classement en terminant au pied du podium, en 23 éditions. Vivement qu'Éléphants, Aigles, Lions, Requins, etc., montrent de quoi ils sont capables lors de cette campagne.