Maroc: Le Groupe socialiste condamne le bilan social du gouvernement et son mépris à l'égard de l'institution parlementaire

Le Groupe socialiste-Opposition ittihadie a saisi l'occasion de la séance plénière mensuelle des questions de politique générale adressées au chef du gouvernement tenue lundi 8 juin à la Chambre des représentants pour fustiger le bilan de la coalition gouvernementale tripartite (RNI, PI et PAM) et son mépris à l'égard de l'institution parlementaire.

D'emblée, le président du Groupe socialiste, Abderrahim Chahid, a critiqué le fait que le chef du gouvernement s'obstine à vider le mécanisme constitutionnel de la responsabilité et de la reddition des comptes de sa substance. «Bien que la Constitution ait établi un mécanisme central dans la relation entre les pouvoirs exécutif et législatif, à savoir la séance mensuelle des questions de politique générale adressées au chef du gouvernement, nous avons noté votre absence à la moitié des séances. Vous n'avez été présent qu'à 22 séances sur 40 séances mensuelles, en violation flagrante de l'article 100 de la Constitution», a martelé le Groupe socialiste à la Chambre des représentants.

De plus, les thèmes de ces séances sont déterminés de manière exclusive par le chef du gouvernement et sa majorité numérique, ce qui les a transformées en simples séances de show, au lieu d'être un mécanisme de contrôle de l'action gouvernementale comme le stipule la Constitution.

Et le Groupe socialiste d'enfoncer davantage le clou en soulignant : «Votre choix des thèmes des séances mensuelles est une illustration flagrante de la politique de « la fuite en avant », et une tentative éhontée de vous retrancher derrière un sujet sectoriel pour ne pas aborder les crises brûlantes qui frappent de plein fouet les ménages marocains». Le chef du Groupe socialiste a critiqué le choix du thème de l'éducation pour la quatrième fois parmi les sujets des séances mensuelles.

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«Tout ce que vous avez fait, c'est ressasser les thèmes des séances mensuelles: vous avez abordé la santé trois fois, l'investissement trois fois également, et aujourd'hui vous abordez l'éducation pour la quatrième fois», a souligné le Groupe socialiste.

Il a affirmé que les citoyens attendent des réponses claires concernant la détérioration du pouvoir d'achat et la hausse des prix ayant touché diverses denrées de première nécessité, s'interrogeant sur les mesures préconisées pour faire face à la crise sociale que vivent les familles marocaines. Il a également évoqué les répercussions de l'Aïd al-Adha, considérant que le gouvernement « s'est dérobé à son rôle et a laissé les citoyens seuls face aux spéculateurs et à la hausse des prix».

Le Groupe socialiste a indiqué que le discours sur «le Maroc émergent» ne peut être dissocié de la réalité sociale difficile que vivent de larges franges de la population marocaine, rappelant que le vrai développement commence par la garantie des conditions de vie digne, de la justice sociale et territoriale, conformément aux Orientations Royales appelant au développement des zones oasiennes et montagneuses et à la réduction des disparités territoriales.

Dans le même contexte, il a accusé le gouvernement de ne pas avoir le courage politique d'aborder les véritables dossiers liés à la justice sociale, au pouvoir d'achat, à la situation des classes moyennes, au monopole et aux conflits d'intérêts, notant que le bilan de la mandature actuelle a été marqué par la répétition des sujets des séances plutôt que par l'affrontement des défis.

Il a également critiqué les «conflits d'intérêts» au sein du gouvernement, accusant certains responsables gouvernementaux de cumuler des responsabilités publiques et des intérêts économiques privés, ce qu'il a considéré comme contraire aux dispositions de l'article 36 de la Constitution relatif à l'intégrité, la transparence et la lutte contre les conflits d'intérêts et les délits d'initié..

Il a aussi relevé ce qu'il a appelé l'absence de toute interaction gouvernementale sérieuse avec les mises en garde de l'opposition et des institutions de contrôle concernant ces dossiers, précisant que le silence gouvernemental sape la confiance dans les institutions et consacre les pratiques de clientélisme et de favoritisme.

Dans ce cadre, Abderrahim Chahid a exprimé son étonnement face à ce qu'il a appelé des «campagnes de désinformation et de perturbation» visant l'institution parlementaire et l'opposition ittihadie à travers la diffusion de données qu'il a qualifiées d'erronées concernant de prétendues initiatives de contrôle.

Le Groupe socialiste a renouvelé son appel à la création d'une commission d'enquête sur les différentes formes de soutien accordées par le gouvernement, ajoutant que leurs effets ne se sont pas reflétés sur les conditions de vie des citoyens.

Par ailleurs, Abderrahim Chahid a critiqué le décevant bilan gouvernemental, passant en revue à titre d'exemple les indicateurs du chômage, soulignant qu'il a atteint 13,6% en 2024, 39,5% parmi les jeunes et 20,8% chez les femmes, estimant que ces chiffres reflètent l'échec du gouvernement à honorer ses engagements en matière d'emploi.

Concernant le secteur de l'éducation, le Groupe socialiste a affirmé que le gouvernement a échoué à mettre en oeuvre les dispositions de la loi-cadre relative au système d'éducation, de formation et de recherche scientifique, ainsi qu'à mettre en oeuvre la vision stratégique de la réforme, mettant en lumière un certain nombre de dysfonctionnements liés à la mise à niveau de l'éducation préscolaire, le recul sur le projet du baccalauréat, la suppression de certaines facultés pluridisciplinaires, et l'absence de protection des familles face à la hausse des coûts de l'enseignement privé.

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