A l'approche des élections législatives de 2026, l'OMDH a adressé un mémorandum aux partis politiques les exhortant à intégrer pleinement la référence aux droits humains dans leurs programmes électoraux. L'objectif affiché est de faire des prochaines échéances électorales une opportunité de renforcer l'ancrage démocratique du Royaume et de consolider les droits et libertés consacrés par la Constitution.
Dans ce document, l'OMDH souligne que les programmes électoraux ne doivent pas se limiter à des promesses politiques générales, mais constituer de véritables engagements contractuels envers les citoyens. L'organisation estime que l'adoption d'une approche fondée sur les droits humains permettrait d'orienter les futures politiques publiques vers davantage de justice sociale, d'égalité et de respect des libertés fondamentales.
Le mémorandum s'appuie sur plusieurs référentiels nationaux et internationaux, notamment la Constitution de 2011, les conventions internationales ratifiées par le Maroc ainsi que les recommandations des mécanismes onusiens de protection des droits humains. Selon l'OMDH, ces textes doivent servir de socle à l'élaboration des programmes électoraux et, par ricochet, à l'action gouvernementale.
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L'OMDH met en avant plusieurs axes prioritaires. Sur le plan économique et social, elle appelle les partis politiques à garantir le droit à un emploi décent, à la protection sociale, à l'éducation de qualité, à la santé publique ainsi qu'à un logement digne. Elle insiste également sur la nécessité de réduire les inégalités territoriales et sociales.
La question de l'égalité et de la lutte contre les discriminations occupe également une place centrale dans les recommandations de l'OMDH. Celle-ci plaide pour des mesures concrètes en faveur de l'égalité effective entre les femmes et les hommes, la lutte contre les violences faites aux femmes, le renforcement de leur autonomisation économique et politique ainsi que l'accélération de la mise en place de l'Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination, une institution instaurée par les articles 19 et 164 de la Constitution de 2011.
Les jeunes figurent également parmi les catégories ciblées par le mémorandum. En ce sens, l'OMDH recommande l'adoption de politiques publiques inclusives favorisant leur insertion économique et sociale, le renforcement de leur participation citoyenne et une meilleure adéquation entre la formation universitaire et les besoins du marché du travail. Elle appelle en outre à la création du Conseil consultatif de la jeunesse et de l'action associative.
Concernant les droits civils et politiques, l'OMDH insiste sur la protection des libertés d'expression, d'organisation, de réunion et de manifestation pacifique. Elle préconise également le renforcement des garanties du procès équitable, la criminalisation effective de la disparition forcée et de la torture conformément aux standards internationaux, ainsi que la poursuite de la mise en oeuvre des recommandations de l'IER.
Les enjeux environnementaux occupent également une place importante dans le document de l'OMDH. Celle-ci invite les formations politiques à intégrer les principes de justice climatique et de développement durable dans leurs programmes, tout en tenant compte des impacts croissants du changement climatique sur les droits fondamentaux des citoyens.
Par ailleurs, l'OMDH appelle à des engagements spécifiques en faveur des personnes en situation de handicap, notamment à travers l'amélioration de l'accessibilité, l'inclusion dans l'éducation et l'emploi ainsi que le renforcement de l'accès aux soins. Elle recommande également une meilleure protection des droits des migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile, notamment par l'adaptation du cadre législatif national aux engagements internationaux du Maroc.
Enfin, l'OMDH estime que l'intégration de la référence aux droits humains dans les programmes électoraux constitue une condition sine qua non pour bâtir des politiques publiques plus justes et plus inclusives. Elle espère que cette démarche contribuera à faire des élections législatives de 2026 un moment fort de consolidation de l'Etat de droit et du processus démocratique au Maroc.