En marge de la 114e session de la Conférence internationale du Travail (CIT), qui se tient à Genève du 1er au 12 juin 2026, le président de Business Africa, Baïdy Agne, a été reçu en audience par le directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Gilbert Houngbo.
Une rencontre stratégique consacrée aux défis actuels de la gouvernance mondiale du travail et de l'entreprise, dans un contexte marqué par des mutations économiques profondes et des tensions budgétaires au sein du système multilatéral.
Accompagné d'une délégation composée notamment des présidents des organisations patronales d'Algérie et de Zambie ainsi que des représentants employeurs africains au Conseil d'administration du BIT, dont le secrétaire général du CNP, Hamidou Diop, Baïdy Agne a insisté sur la nécessité de renforcer le rôle de l'Organisation internationale du Travail (OIT).
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Le président de Business Africa a notamment exprimé ses préoccupations face aux conséquences des réductions de financement décidées par les États-Unis, principal contributeur du BIT. Selon lui, l'OIT occupe une place singulière dans l'architecture internationale en tant qu'unique institution tripartite réunissant gouvernements, employeurs et travailleurs, et demeure un acteur essentiel de la paix sociale, de la stabilité économique et de la justice sociale.
Baïdy Agne a par ailleurs salué le bilan du premier mandat de Gilbert Houngbo à la tête du BIT, mettant en avant les réformes engagées en matière de gouvernance et de gestion. Il a plaidé en faveur de sa reconduction, estimant que l'Afrique, mais également les autres régions du monde, devraient soutenir sa candidature pour un second mandat. Pour le président de Business Africa, cette continuité apparaît nécessaire afin de poursuivre les réformes engagées et consolider l'action de l'institution dans un environnement international de plus en plus complexe.
Les échanges ont également porté sur plusieurs dossiers majeurs examinés lors de la CIT, notamment la future norme internationale sur le travail décent dans l'économie des plateformes. Les deux responsables ont souligné l'importance croissante de ce secteur, devenu un moteur de création de valeur, d'emplois et de revenus. Business Africa a insisté sur la nécessité d'élaborer un cadre réglementaire équilibré permettant à l'Afrique de développer ses propres plateformes numériques tout en garantissant des conditions de travail adaptées.
Le dialogue social, le tripartisme et la productivité du travail ont également figuré au coeur des discussions. Le secteur privé africain a réaffirmé son engagement en faveur d'une démocratie sociale responsable, de la protection des droits fondamentaux des travailleurs et de l'amélioration du climat des affaires. Baïdy Agne a enfin sollicité un renforcement de l'assistance technique du BIT afin d'accompagner les entreprises africaines dans la création d'emplois décents et durables sur le continent.