Congo-Kinshasa: Ituri - Une équipe de riposte Ebola attaquée à Rwampara, un médecin séquestré puis libéré

Alors que la riposte contre l'épidémie d'Ebola se poursuit en Ituri, un grave incident sécuritaire est survenu mardi 9 juin dans le groupement de Tséré, en zone de santé de Rwampara. Une équipe de surveillance, venue enquêter sur un cas suspect, a été violemment prise à partie par des habitants du village de Toutou. Un médecin a été ligoté, séquestré et menacé de mort, avant d'être finalement secouru par les forces de sécurité.

Selon les témoignages des membres de l'équipe, ils menaient une investigation autour d'un cas suspect d'Ebola lorsqu'ils ont été attaqués par plusieurs habitants armés de machettes et de pierres. Pris de panique, une partie de l'équipe a réussi à s'enfuir pour donner l'alerte.

Le médecin chargé d'effectuer le prélèvement n'a pas eu cette chance. Il a été capturé, ligoté et retenu contre son gré par ses agresseurs. L'intervention rapide des services de sécurité a permis d'éviter le pire et d'obtenir sa libération.

Réagissant à cet incident, le chef du groupement de Tséré, Zamundu Batagura, a fermement condamné cette attaque et appelé la population à soutenir les efforts de riposte sanitaire :

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« Je demande à la population, et surtout à la jeunesse, de ne plus s'attaquer au personnel soignant et aux équipes de riposte. Lorsqu'un cas suspect est signalé, il faut l'orienter vers l'hôpital. J'appelle également la population à ne pas se laisser influencer par les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux ».

La désinformation en cause

Cette agression intervient dans un climat tendu, marqué par la persistance de rumeurs et de fausses informations autour de l'épidémie d'Ebola. Ces campagnes de désinformation alimentent la méfiance de certaines communautés vis-à-vis du personnel médical et des équipes de riposte.

Face à cette situation préoccupante, la procureure générale près la Cour d'appel de l'Ituri, Edoxy Maswama, a annoncé des mesures fermes. Elle a instruit les magistrats et les services compétents de poursuivre toute personne impliquée dans la diffusion de fausses informations ou dans des actes visant à entraver la riposte sanitaire.

Les autorités sanitaires rappellent que la collaboration des communautés est essentielle pour contenir l'épidémie. La dénonciation rapide des cas suspects permet non seulement une prise en charge précoce des malades, mais aussi une limitation de la propagation du virus.

Cet incident, loin d'être un cas isolé, illustre les défis auxquels font face les équipes de riposte sur le terrain, où la lutte contre la maladie doit également composer avec la désinformation et la résistance communautaire.

Le 1er juin, quatre agents de la Croix-Rouge engagés dans la riposte contre l'épidémie d'Ebola ont été grièvement blessés, au cimetière de Nyamurongo, à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, lors d'échauffourées survenues pendant l'enterrement d'une personne décédée de la maladie. Ces incidents ont éclaté lorsque des jeunes en colère ont tenté d'ouvrir de force le cercueil du défunt.

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