Alors qu'il accueille plus de 8 000 personnes dans une région où la riposte médicale se heurte à la fois à la méfiance de la population et aux conséquences des violences armées qui secouent la province, le camp de Tsere souffre en plus d'un cruel manque d'infrastructures sanitaires. Celui-ci ne compte, par exemple, qu'un seul point d'eau...
Alors que le virus Ebola continue de faire des ravages en Ituri, l'une des provinces de l'est de la RDC, la zone de santé de Rwampara, à proximité de Bunia, la capitale régionale, est l'une des plus touchées par l'épidémie. Depuis qu'elle a éclaté, la riposte médicale s'y heurte en effet à la méfiance de la population, comme cela a encore été le cas en début de semaine, quand des soignants ont de nouveau été pris à partie.
Dans une région où vivent également des milliers de déplacés qui ont fui les violences armées secouant la province, se protéger de la maladie reste donc un défi quotidien, comme au camp de Tsere où les infrastructures sanitaires font par ailleurs cruellement défaut.
Alors que plus de 8000 personnes y sont accueillies, celui-ci ne compte par exemple qu'un seul point d'eau. Or, pour se protéger d'Ebola, celle-ci est essentielle : sans eau, il est impossible de préparer des solutions chlorées nécessaires à la désinfection.
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« Il n'y a pas de douche, pas assez de toilettes »
Face à cette situation, Ralessi, qui vit au camp avec six personnes dont des enfants en bas âge, est contrainte d'en sortir trois fois par jour pour acheter des bidons afin de pouvoir continuer à avoir une hygiène de base. « Les conditions d'hygiène ne sont pas bonnes ici, confie-t-elle. Nous manquons d'installations sanitaires, il n'y a pas de douche, pas assez de toilettes ».
Alors que des humanitaires de l'ONG Solidarités internationales qui travaillent sur place installent une station de lavage de mains sous le regard timide de quelques enfants, d'autres s'activent à quelques mètres de l'entrée du site pour installer un impluvium. « Il s'agit d'un dispositif qui va permettre de collecter les eaux de pluies et de les stocker afin de pouvoir s'en servir pour les décontaminations ou l'hygiène de surface », décrypte Stéphane Kanyama, responsable du programme eau hygiène et assainissement pour l'ONG.
Si elle est saluée par les autorités médicales locales, ce genre d'initiative reste rare. Sur les 19 aires de santé que compte Rwampara, seules quatre reçoivent, à ce jour, un appui des ONG.