La revue sectorielle conjointe du secteur de l'éducation 2026 se tient à Anosy, hier et aujourd'hui. Elle réunit tous les acteurs de l'éducation pour définir les orientations stratégiques de l'éducation à Madagascar à l'horizon 2035.
Le système de redoublement scolaire est discuté pendant la revue sectorielle conjointe du secteur de l'éducation qui se tient au ministère des Affaires étrangères à Anosy, hier et aujourd'hui. « Le redoublement entraîne une perte de fonds publics. Comment pouvons-nous donc le réduire ? », a indiqué Tiana Désiré Rakotondravaly, coordonnateur national de la cellule de coordination de la plateforme nationale pour le pilotage du secteur éducation Madagascar, lors de l'ouverture de cet événement, hier.
Madagascar n'a pas atteint le défi d'un taux de redoublement de 10 % pour 2022. Il reste même élevé. « Nous constatons aujourd'hui une moyenne qui s'élève plutôt à 20 % », enchaîne Tiana Désiré Rakotondravaly.
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Il remet en question le système actuel, où les examens de passage entre les classes intermédiaires dans les écoles primaires, les collèges et les lycées entraînent des redoublements. « Est-ce encore efficace ? », interroge-t-il, en soulignant qu'à l'université, une formation d'élite, le redoublement est moins surprenant. « Ne devrions-nous pas envisager des stratégies spécifiques pour le primaire ? », poursuit-il.
Les acteurs de l'éducation vont discuter, à l'occasion de cette revue sectorielle, des solutions adaptées au contexte de Madagascar. « Les modèles existant dans d'autres pays, comme la France ou l'Afrique du Sud, ne sont pas nécessairement applicables ici », insiste Tiana Désiré Rakotondravaly.
Refus
Le système de « redoublement zéro » a été appliqué sous le mandat du président Ravalomanana. Il fait l'objet d'une vive opposition de la part du corps enseignant, qui a exprimé son refus de cette pratique. « Laisser passer des élèves qui plafonnent entre 6 et 9 de moyenne est un piège. Ils ne feront que décrocher davantage année après année. D'après notre expérience, le redoublement reste un levier essentiel pour permettre aux élèves avec des résultats insuffisants, voire médiocres, de remonter leur niveau », indique un enseignant.
Pour les enseignants, réduire le taux de redoublement nécessite une réforme globale du système éducatif. « Il faut renforcer les compétences des enseignants et les former, fournir les manuels scolaires nécessaires aux établissements et réduire les sureffectifs », proposent-ils.
Madagascar a accompli des progrès en matière d'accès à l'éducation ces dernières années. Mais le pays reste confronté à des défis majeurs liés à la crise des apprentissages. C'est précisément pour relever ces enjeux que l'ensemble des acteurs du secteur sont actuellement mobilisés afin de définir les orientations stratégiques de l'éducation à l'horizon 2035.