Sa dernière sortie calibrée sur l'affaire ASER, quelques jours après le limogeage d'Ousmane SONKO, Thierno Alassane Sall (TAS) vient de jeter un nouveau pavé dans la mare d'un dossier qui empoisonne déjà le débat public sénégalais. En publiant un document présenté comme un récapitulatif des paiements de primes et garanties liés au marché attribué à AEE Power EPC, le leader de République des Valeurs ne se contente plus de dénoncer une opacité administrative : il met désormais sur la place publique des chiffres précis susceptibles de nourrir les soupçons sur l'une des plus importantes controverses financières du début du mandat de Bassirou Diomaye Faye.
La conférence de presse cet après-midi de l'ancien ministre et député de cette présente législature, Thierno Alassane Sall s'apparente à un exercice à la fois audacieux et risqué. Déjà le document, diffusé sur les réseaux sociaux de TAS et relayé par Africa-Press le 7 janvier 2026, détaille une série de paiements effectués en juin 2024 dans le cadre des garanties contractuelles associées au marché.
Selon ce récapitulatif, trois primes d'assurance auraient été versées le 14 juin 2024 pour un montant total dépassant 1,44 million d'euros, soit près de 948 millions de FCFA. Quelques jours plus tard, le 20 juin 2024, trois autres versements, qualifiés de « deposits » représentant chacun 10 % des garanties concernées, auraient porté la facture à plus de 7,7 millions d'euros, soit environ 5,08 milliards de FCFA.
À lui seul, ce montant donne une idée de l'ampleur financière du projet et du niveau d'engagement exigé pour sécuriser l'opération. Mais c'est surtout l'autre révélation de TAS qui alimente la polémique.
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L'ancien mministre sous le régime Macky SALL, affirme qu'une avance de 56 millions d'euros, soit près de 37 milliards de FCFA, aurait été versée à AEE Power EPC. Plus troublant encore, des autorités espagnoles demanderaient aujourd'hui des justificatifs sur l'utilisation de cette somme.
Un dossier qui s'internationalise et intrigue le haut etablishment politico- industriel espagnol
Si cette information était confirmée, elle ouvrirait une dimension internationale à une affaire jusque-là principalement cantonnée au débat politique sénégalais.
Au-delà des chiffres, la question fondamentale demeure : comment une entreprise relativement peu connue du grand public a-t-elle pu bénéficier d'engagements financiers d'une telle ampleur ? Quels mécanismes de contrôle ont été activés avant le décaissement de ces montants ? Et surtout, quelles garanties l'État sénégalais possède-t-il quant à l'exécution effective des prestations prévues ?
La stratégie de TAS est claire. Depuis plusieurs mois, il s'efforce de déplacer le débat du terrain politique vers le terrain documentaire. Au lieu de se limiter à des accusations générales, il met en circulation des pièces, des montants et des références précises, obligeant ainsi le pouvoir à répondre sur des éléments factuels.
Cette méthode accroît considérablement la pression sur les autorités, car chaque silence ou demi-réponse nourrit davantage les interrogations de l'opinion.
Pour le gouvernement, l'enjeu dépasse désormais le simple cadre d'une controverse entre majorité et opposition. La question touche à la crédibilité même du discours de rupture qui a porté le nouveau pouvoir au sommet de l'État. L'administration Diomaye-Sonko s'est construite sur la promesse d'une gouvernance vertueuse, d'une transparence accrue et d'une gestion rigoureuse des deniers publics. Toute zone d'ombre dans un dossier impliquant plusieurs dizaines de milliards de francs CFA risque donc d'être interprétée comme une contradiction majeure entre les engagements proclamés et la réalité administrative.
Dans les milieux politiques dakarois, certains observateurs estiment que l'affaire AEE Power pourrait devenir pour le nouveau régime ce que d'autres grands scandales financiers furent pour ses prédécesseurs : un test grandeur nature de sa capacité à imposer la transparence jusque dans ses propres rangs.
L'équation des « faussaires » sur le gril
Pour l'heure, les révélations de Thierno Alassane Sall ne constituent pas en elles-mêmes une preuve de malversation. Elles soulèvent néanmoins des interrogations suffisamment sérieuses pour justifier des explications détaillées de la part des autorités concernées. Car lorsqu'il est question de plus de 37 milliards de FCFA d'avance et de plus de 5 milliards de FCFA de garanties associées, le débat cesse d'être partisan : il devient une question d'intérêt public.
Une chose est certaine : en dévoilant ces éléments, TAS a déplacé le centre de gravité du dossier. Désormais, ce n'est plus seulement l'opposition qui accuse ; c'est l'opinion qui demande des comptes. Et dans cette affaire, le temps joue rarement en faveur du silence.
Pour le gouvernement, l'enjeu dépasse désormais le simple cadre d'une controverse entre majorité et opposition. La question touche à la crédibilité même du discours de rupture qui a porté le nouveau pouvoir au sommet de l'État. L'administration Diomaye-Sonko s'est construite sur la promesse d'une gouvernance vertueuse, d'une transparence accrue et d'une gestion rigoureuse des deniers publics. Toute zone d'ombre dans un dossier impliquant plusieurs dizaines de milliards de francs CFA risque donc d'être interprétée comme une contradiction majeure entre les engagements proclamés et la réalité administrative.
Pour l'heure, les révélations de Thierno Alassane Sall ne constituent pas en elles-mêmes une preuve de malversation. Elles soulèvent néanmoins des interrogations suffisamment sérieuses pour justifier des explications détaillées de la part des autorités concernées. Car lorsqu'il est question de plus de 37 milliards de FCFA d'avance et de plus de 5 milliards de FCFA de garanties associées, le débat cesse d'être partisan : il devient une question d'intérêt public.