Madagascar: Anniversaire noir - Une miraculée raconte son calvaire

Un an après l'« anniversaire noir » du 14 juin 2025 à Ambohimalaza, une survivante raconte son calvaire et la perte de ses huit amis.

Cauchemar. Un an après le drame d'Ambohimalaza, une survivante raconte le calvaire qu'elle a enduré. Le 14 juin 2025, la fête d'anniversaire de Fenohasina avait provoqué la mort de dizaines de convives.

Parmi les victimes figure la jeune Mampionona Fanevasoa, seule rescapée d'un groupe de neuf amis. Elle témoigne aujourd'hui d'un parcours marqué par un mois et huit jours d'hospitalisation au HJRA.

Elle se souvient des symptômes terribles : paralysie, perte de la vue, langue figée, corps affaibli, vomissements incessants.

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« Nous étions étouffés, obligés de subir une trachéotomie pour respirer », confie-t-elle. Ses huit camarades sont tous décédés, tandis qu'elle a survécu. « On me demande souvent pourquoi je n'ai pas succombé. Moi-même, je m'interroge. Peut-être parce que j'avais vomi après avoir bu, peut-être parce que ce n'était pas mon heure », ajoute-t-elle.

Traumatisme

Le récit de cette soirée reste gravé dans sa mémoire. Arrivée vers 21 h, elle n'avait plus trouvé de bière et s'était rabattue sur du punch ainsi que d'autres boissons alcoolisées. Elle avait mangé de tout, allant de la charcuterie aux fromages, en passant par les salades et les plats composés. Vers 23 h, déjà ivre, elle vomit. « C'est une habitude chez moi quand je bois trop. Certains disent que c'est ce qui m'a sauvée », confie-t-elle. Ses amis, eux, avaient continué à boire et à manger avant de rentrer chez eux.

Le lendemain matin, elle se réveille avec des maux de tête et de nouvelles crises de vomissements. Dans l'après-midi, les premiers messages tombent et annoncent que ses camarades sont hospitalisés d'urgence. Alertée par ses parents, elle finit par se rendre au HJRA. Là, elle découvre ses amis en réanimation, les couloirs saturés de patients, les médecins débordés. Elle-même est prise en charge, placée sous oxygène et sous perfusion. Elle pensait rentrer le lendemain, mais son état s'aggrave. Elle restera alitée plus d'un mois, sans savoir que ses compagnons avaient tous rendu l'âme.

Aujourd'hui, elle vit avec ce traumatisme.

« Imaginez, vous partagez un repas avec vos amis, et quelques heures plus tard, ils sont morts. Je n'ai même pas pu assister à leurs funérailles », soupire-t-elle.

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