Congo-Kinshasa: La désinformation, l'autre fléau qui freine la riposte à l'épidémie d'Ebola

Face au virus qui continue de se propager dans l'est de la RDC, soignants et ONG qui organisent la riposte se heurtent à l'hostilité de certaines populations qui complique le suivi de la maladie et la prise en charge des malades. En cause : la persistance de rumeurs et de fausses informations au sujet de l'épidémie.

Alors que l'épidémie d'Ebola continue de s'étendre dans l'est de la RDC avec une augmentation du nombre de cas et une propagation du virus à de nouvelles zones selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - le dernier bilan en date du ministère congolais de la Santé fait état de 689 cas confirmés et de 139 décès -, soignants et ONG qui luttent contre le virus sont confrontés à un deuxième fléau, à savoir la désinformation autour de la maladie.

Celle-ci atteint même un niveau tel que la procureure générale près de la Cour d'appel de l'Ituri a annoncé que toute personne impliquée dans la diffusion de fausses nouvelles ou dans des actes visant à entraver la riposte sanitaire serait désormais poursuivie.

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Il faut dire que pas plus tard que mardi 9 juin encore, le phénomène a été à l'origine d'une nouvelle agression contre une équipe de soignants venue enquêter sur un cas suspect dans le village de Toutou, dans la zone de santé de Rwampara, en Ituri. Là, des habitants armés l'ont contrainte à rebrousser chemin dans une attaque symptomatique des ravages que provoque la persistance des rumeurs autour de l'épidémie d'Ebola.

Retards de prise en charge et refus de soins freinent l'éradication du virus

« Au début, quand on informait les gens sur la maladie, on voyait qu'ils étaient très hostiles : la sensibilisation, ils n'y croyaient pas. Ils disaient : "Vous cherchez de l'argent, ce n'est pas une vraie maladie". Et puis aujourd'hui, ils ont peur : si on leur demande d'aller se faire tester, ils ne veulent pas. Beaucoup préfèrent rester chez eux au lieu de se rendre à l'hôpital », déplore une agent de santé de Bunia qui souhaite rester anonyme.

Or, la désinformation a des conséquences graves, explique le docteur Yannick Jobalo, qui exerce lui aussi à Bunia : les retards de prise en charge et les refus de soins freinent l'éradication du virus. « Lorsqu'on a des cas confirmés quelque part, il faut que l'équipe de surveillance se rende sur place pour lister les cas contacts afin qu'ils soient suivis et que s'ils présentent des signes de la maladie, ils puissent être automatiquement pris en charge. Or, si malheureusement elles tombent sur des gens sceptiques, les équipes sont parfois chassées et le tracking du virus devient compliqué », avance celui-ci avant d'appeler l'ensemble de la population à adhérer à tous les conseils prodigués par les structures de santé dans le but de pouvoir couper la chaîne de transmission du virus.

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