Le puissant chef des renseignements éthiopiens et le ministre éthiopien des Affaires est-africaines déclarent même que l'attaque pourrait avoir lieu de façon imminente. Une affirmation qualifiée de « totalement fausse » par le chef du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirige également cette région.
Trois ans et demi après la signature des accords de Pretoria, le spectre d'une nouvelle guerre au Tigré plane sur l'Éthiopie. Dans un éditorial publié jeudi 11 juin sur Al-Jazeera, le puissant chef des renseignements éthiopiens, Redwan Hussein, et le ministre éthiopien des Affaires est-africaines, l'ancien chef rebelle tigréen Getachew Reda, accusent les forces tigréennes de vouloir lancer une offensive dans les jours à venir.
L'attaque serait même imminente, selon ces deux hauts responsables du gouvernement fédéral qui dénoncent par ailleurs une alliance formée entre le gouvernement érythréen, les forces tigréennes et des forces rebelles de la région voisine Amhara. Une alliance qu'ils qualifient de « bricolée pendant des réunions semi-publiques en Éthiopie et au Soudan », dans le but de faire échouer les accords signés en 2022 en Afrique du Sud qui avaient mis fin au conflit qui a déjà opposé les deux parties pendant deux ans.
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Quelque 600 000 morts
De son côté, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), l'autorité dissidente de la région tigréenne, a répondu à ces déclarations, estimant vendredi 12 juin qu'elles étaient « Totalement fausses ». En retour, le mouvement a en outre accusé le gouvernement fédéral de chercher un prétexte pour déclencher une nouvelle guerre.
Dans le but de calmer les tensions qui ne cessent de croître, Olusegun Obasanjo, l'ancien président du Nigeria désigné par l'Union africaine médiateur dans ce conflit, s'est rendu au Tigré jeudi 11 juin. Il y a rencontré Debretsion Gebremichael, qui dirige à la fois la région et le TPLF, avec lequel il s'est entretenu pour éviter une reprise du conflit.
La guerre qui avait opposé l'armée fédérale éthiopienne aux forces du TPLF entre novembre 2020 et novembre 2022 avait fait, selon les estimations, quelque 600 000 morts.