Afrique: Coupe du monde 2026 - Pourquoi le Maroc ne doit pas avoir peur du Brésil

Quatrièmes du dernier Mondial, finalistes de la dernière CAN, première nation africaine au classement Fifa, le Maroc s'avance pour son premier match du Mondial 2026 ce samedi à New York face au Brésil moins intimidant qu'autrefois et en quête de repères. Les Lions de l'Atlas, eux, ont leurs certitudes, un vécu et une ambition assumée.

Historiquement, le Brésil a toujours été impérial face aux sélections africaines : 36 victoires en 41 confrontations. Il a fallu attendre 2022 pour voir une équipe africaine faire tomber la Seleção en phase finale de Coupe du monde, lors d'un Cameroun-Brésil (1-0) sans enjeu réel, entre un Brésil déjà qualifié et un Cameroun déjà éliminé.

Mais pour ce Maroc-Brésil de ce samedi, ce 14 juin à New York (00h TU), les Lions de l'Atlas n'ont plus besoin du mot « exploit » pour justifier leurs ambitions. Voici pourquoi ils ont des raisons d'y croire.

Parce que le Maroc est plus qu'un outsider

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Le Brésil porte cinq étoiles sur la poitrine, mais sur les chiffres récents, sur la dynamique, sur les certitudes collectives, c'est bien le Maroc qui se présente avec le CV le plus consistant. Au dernier Mondial, ce sont les Lions de l'Atlas qui étaient dans le dernier carré. Une quatrième place historique, confirmée par une finale à la dernière CAN et un statut de meilleure nation africaine au classement Fifa. Le Maroc est même cité comme l'une des principales candidates pour offrir à l'Afrique sa première finale de Coupe du monde.

Malgré les forfaits d'Abde Ezzalzouli et Nayef Aguerd, le vestiaire marocain ne tremble pas. « Il y a de bonnes ondes », confie le sélectionneur Mohamed Ouahbi. Achraf Hakimi, capitaine et visage de cette génération décomplexée assure: « Ce sera 50-50, ça sera un match équilibré. Les détails feront la différence, mais on espère que ça tournera de notre côté ».

L'expérience du dernier Mondial n'est pas un simple souvenir, c'est un capital. Face au Brésil, ce vécu peut-être une arme.

Parce que Mohamed Ouahbi est l'homme de l'exploit

Mohamed Ouahbi a pris la succession de Walid Regragui il y a trois mois avec une idée claire : faire fructifier l'héritage. Avant de prendre les rênes de la A, il a façonné une génération : celle des U20 marocains, devenue en octobre dernier la première nation africaine championne du monde de football dans sa catégorie. Après avoir battu... le Brésil en poule (2-1).

Face à Carlo Ancelotti, technicien italien à la tête du Brésil, Ouahbi assume un mélange de respect et de défi : « C'est un grand coach. J'ai lu tous ses livres. Peut-être que j'aurai un ascendant car je connais tous ses secrets », lâche-t-il dans un sourire.

Surtout, il ne fuit pas le changement de statut de son équipe. « On doit avoir confiance en nous. On sait que le Maroc est rentré dans une autre dimension. Il faut aussi l'assumer. Il ne faut pas craindre le Brésil mais le respecter. On ne va pas changer nos principes et on continuera de montrer notre jeu. »

Les principes sont clairs : bloc compact, intensité maximale, verticalité dans les attaques. La victoire contre la Norvège (2-1) en match amical, quelques jours avant le début de la Coupe du monde, est un bon indicateur.

Parce que le Brésil aussi se méfie

Si le Maroc n'a plus peur, c'est aussi parce que le Brésil, lui, n'est plus dans cette posture de surplomb tranquille. La Seleção regarde désormais son premier adversaire dans ce Mondial avec prudence. Dès le tirage au sort en décembre dernier Carlo Ancelotti avait donné le ton : « Le premier match est très important, c'est même le plus important. Le Maroc est la sélection considérée comme le principal adversaire dans notre groupe. Ce match peut être décisif pour terminer premiers ».

À la veille de la rencontre, le technicien italien reste dans le même état d'esprit : « Nous devons livrer un match complet à tous les niveaux ; nous ne pouvons rien négliger : ni en défense, ni en attaque, ni dans les transitions entre les phases offensives et défensives. »

Le discours ne vient pas uniquement du banc. Cafu, dernier capitaine brésilien à avoir soulevé la Coupe du monde, ajoute sa voix au choeur de la méfiance : « Le Maroc, notre prochain adversaire, n'est ni une sélection faible ni un adversaire facile. Si je ne me trompe pas, cette équipe reste sur plus de vingt matchs sans défaite et a terminé la dernière Coupe du monde à la quatrième place ».

Et puis il y a ce précédent, qui pèse dans les têtes : le 25 mars 2023, à Tanger, le Maroc battait le Brésil en amical, grâce à des buts de Sofiane Boufal et Abdelhamid Sabiri. Les deux hommes ne sont pas de cette Coupe du monde, les Lions de l'Atlas ont encore du talent en réserve pour faire plier le géant auriverde.

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