Afrique: D'Iran à l'Australie - Qui est vraiment Alireza Faghani, l'arbitre de France-Sénégal ?

13 Juin 2026

Il y a des carrières qui ne ressemblent à aucune autre. Celle de l'arbitre irano-australien Alireza Faghani en est la parfaite illustration.

Né le 21 mars 1978 à Kashmar, une ville du nord-est de l'Iran, cet homme de 47 ans est aujourd'hui l'un des arbitres les plus respectés et les plus sollicités de la planète football. Son parcours mêle excellence sportive, courage personnel et rupture géographique -- une trajectoire aussi singulière que le personnage lui-même.

Une vocation héritée, une ascension foudroyante

Chez les Faghani, le sifflet se transmet de père en fils. Mohammad Faghani, son père, a lui-même officié au plus haut niveau du football iranien, et c'est en observant ce modèle que le jeune Alireza forge sa passion. Il débute pourtant comme joueur, atteignant le troisième échelon de la ligue iranienne, avant de renoncer au ballon pour embrasser à son tour la carrière d'arbitre.

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Sa progression est rapide et méthodique. Il obtient son badge FIFA en 2008 -- son tout premier match international se jouant le 16 avril 2009, entre les Maldives et les Philippines -- et gravit les échelons du football asiatique avec une constance remarquable. La confédération asiatique (AFC) lui décerne par deux fois le titre de meilleur arbitre du continent, en 2016 notamment, consécration de plusieurs années d'excellence. L'Iran le sacre également meilleur arbitre national en 2014 et 2017.

Un palmarès de finales qui force le respect

Ce qui distingue vraiment Faghani, c'est sa capacité à être désigné pour les rendez-vous les plus décisifs. La FIFA et l'AFC ne confient pas n'importe qui à ces matches sous haute tension. Or, sa liste de finales est proprement vertigineuse.

Sous les couleurs iraniennes, il dirige la finale de la Ligue des champions asiatique en 2014, puis la finale de la Coupe d'Asie des nations 2015, qui oppose l'Australie à la Corée du Sud. La même année, il est aux commandes de la finale de la Coupe du monde des clubs à Yokohama, où le FC Barcelone de Lionel Messi s'impose face à River Plate. L'année suivante, à Rio de Janeiro, il arbitre la finale du tournoi olympique masculin entre le Brésil et l'Allemagne, devant un Maracanã en fusion.

En Coupe du monde, son bilan est tout aussi éloquent. Réserviste au Brésil en 2014, il franchit un cap en Russie en 2018, où il prend en charge quatre rencontres, dont le huitième de finale légendaire entre la France et l'Argentine (4-3), l'un des matches les plus palpitants de l'histoire du tournoi, puis la petite finale entre la Belgique et l'Angleterre. Au Qatar en 2022, il dirige notamment la victoire du Brésil face à la Serbie (2-0) en phase de groupes, puis le choc entre le Portugal et l'Uruguay.

En 2025, la FIFA lui confie la finale de la Coupe du monde des clubs entre Chelsea et le Paris Saint-Germain son deuxième sacre dans cette compétition, dix ans après 2015 sous l'autorité de la commission présidée par la légende italienne Pierluigi Collina.

Septembre 2019 : le choix du courage

Derrière cette carrière brillante se cache une décision personnelle lourde de sens. En septembre 2019, Alireza Faghani quitte l'Iran avec sa famille pour s'installer en Australie, à Sydney. Il invoque alors le désir d'offrir de meilleures perspectives d'avenir et d'études à ses enfants. Il rejoint l'élite arbitrale de l'A-League australienne et continue dans un premier temps à représenter l'Iran sur la liste FIFA internationale.

Le tournant définitif intervient en 2023, lorsqu'il apparaît officiellement comme arbitre australien dans les désignations de la FIFA. Selon plusieurs sources, ce changement fait suite à ses prises de position publiques en faveur du mouvement de protestation qui avait suivi la mort de Mahsa Amini en Iran, provoquant une rupture consommée avec les autorités du football iranien. Un choix qui dit beaucoup de l'homme, au-delà de l'arbitre.

2026 : un troisième Mondial pour écrire l'histoire

La Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada, constitue sa troisième participation consécutive à la compétition reine du football mondial, sa dernière certainement, puisqu'il est frappé par la limite d'âge. Un accomplissement rarissime pour un arbitre, qui témoigne d'une longévité et d'une régularité au plus haut niveau que peu de ses pairs peuvent revendiquer.

À 47 ans, Faghani reste l'une des références mondiales dans son domaine, intégré à la « Team One » de la FIFA, le contingent d'officiels le plus large de l'histoire de la compétition. Selon plusieurs observateurs proches de la FIFA, Alireza Faghani figure parmi les principaux prétendants pour arbitrer la finale de la Coupe du monde 2026. Son expérience et son statut au sein du corps arbitral mondial jouent en sa faveur, à condition qu'il réalise un tournoi sans faute.

Celui qui fut longtemps le symbole de l'arbitrage iranien est désormais l'une des figures de proue de l'arbitrage australien. Entre Kashmar et Sydney, entre l'Iran et l'Australie, entre les grandes finales mondiales et les engagements personnels assumés, Alireza Faghani a construit bien plus qu'une carrière : une vie à la hauteur des matches qu'il a eu la charge d'arbitrer.

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