Congo-Kinshasa: Permis de conduire biométriques - Jean-Pierre Bemba auditionné à l'Assemblée nationale

La question de la mobilité des citoyens et de la sécurité routière a dominé les débats, vendredi 12 juin, à l'Assemblée nationale, lors de l'examen du dossier relatif aux permis de conduire biométriques sécurisés avec puce. Le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, a répondu à une interpellation du député national Emil Saidi Balikwisha, élu de Beni (Nord-Kivu).

Les discussions ont porté sur plusieurs préoccupations majeures, notamment l'accès au service, les coûts, les délais de délivrance ainsi que la sécurisation du processus. En réponse, le membre du gouvernement a présenté cette réforme comme un chantier structurant de modernisation administrative, déjà en cours de déploiement à travers le pays.

Devant les élus, Jean-Pierre Bemba a rappelé que la délivrance des permis de conduire biométriques intervient après plusieurs années de dysfonctionnement du système. Selon lui, cette réforme vise à assainir et moderniser un secteur marqué par des pratiques irrégulières et une faible fiabilité des documents délivrés.

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Le projet repose sur un partenariat public-privé conclu avec la société OTOJUSTE SARL, chargée de produire 7 millions de permis sur une période de dix ans. L'investissement global est estimé à plus de 102 millions de dollars.

Ce programme prévoit la mise en place d'un dispositif sécurisé conforme aux standards internationaux, intégrant des mécanismes de traçabilité destinés à lutter contre la fraude et les falsifications.

Déploiement progressif sur l'ensemble du territoire

Dans le cadre de cette réforme, 23 sites d'enrôlement et de délivrance sont prévus à travers la RDC. Plusieurs centres sont déjà opérationnels, tandis que d'autres sont en cours d'installation.

Pour améliorer l'accès au service, notamment dans les zones éloignées, le gouvernement a mis en place des unités mobiles, destinées à rapprocher l'administration des citoyens.

Le vice-Premier ministre a également indiqué que la digitalisation des procédures permet désormais de réduire considérablement les délais, avec une délivrance possible du permis dans un délai de 24 heures après la réussite du test de conduite.

Coûts et transparence au coeur des préoccupations

En ce qui concerne le coût du permis de conduire, Jean-Pierre Bemba a précisé qu'il est réglementé et varie en fonction des catégories, tout en restant aligné sur les standards observés dans la sous-région.

Face aux inquiétudes exprimées par les députés sur d'éventuelles tracasseries administratives, le ministre a assuré que des mesures strictes ont été prises pour lutter contre la corruption et les pratiques illégales, afin de garantir un service transparent, sécurisé et accessible.

À l'issue des échanges, l'auteur de l'interpellation a insisté sur la nécessité d'un suivi rigoureux de la mise en oeuvre des engagements pris par le Gouvernement.

Trans-Academia également au centre des débats

Au cours de la même plénière, les députés ont auditionné Georges Ongelo, Directeur général de l'établissement public Trans-Academia, à la suite d'une interpellation introduite par le député national André Mushongo Mashara.

Les discussions ont porté sur plusieurs défis auxquels fait face cette structure, notamment : les arriérés de salaires du personnel, l'état du parc automobile, le déploiement des services en provinces, les questions de gouvernance interne.

Cette audition traduit la volonté du Parlement d'assurer un contrôle accru sur les entreprises publiques, particulièrement celles intervenant dans le secteur stratégique du transport.

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