35 ans après la Conférence nationale souveraine (CNS), la fête du 10 juin, jour du lavement des mains et de la concorde nationale, a vécu. C'est à Dolisie, chef-lieu du département du Niari, que les commémorations liées à ce rendez-vous avec la mémoire collective ont eu lieu.
Sous l'égide des autorités politiques nationales et locales, les dames ont joué au nzango, les jeunes ont tapé dans le ballon à l'heure où la fermeture des classes coïncide avec le début des grandes vacances. Tous ont salué une convivialité dont ont besoin les enfants du pays pour mieux s'apprécier.
Le 10 juin 1991, faut-il le rappeler, marque la fin des travaux de la CNS. Ouverte le 25 février, elle fut un moment de rupture avec le système monolithique adopté à la suite du soulèvement populaire des 13,14 et 15 août 1963.
La soif du renouveau avait amené les Congolais à interroger leur passé récent afin de prendre rendez-vous avec l'avenir en posant les bases d'une renaissance guidée par l'adoption de la démocratie pluraliste. 1200 délégués venus de tous les horizons, de l'intérieur du pays comme de la diaspora, étaient présents.
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Au bout de 106 jours de palabres radio-télévisées, le cadre fut planté par l'élection d'un Premier ministre de transition, André Milongo, ancien fonctionnaire à la Banque mondiale; d'un président du parlement transitoire, le Conseil supérieur de la République, Mgr Ernest Kombo, évêque d'Owando (Cuvette); Denis Sassou N'Guesso conservant sa fonction de président de la République, chef de l'État.
Les trois dirigeants bénéficiaient en quelque sorte d'un sursis politique de douze mois. La période ne fut pas sans écueils tant les appétits de pouvoir aiguisés pendant la Conférence croissaient chez beaucoup d'acteurs. En toute chose il faut considérer la fin. Celle de la transition post-conférence nationale plaçait le Congo sur la liste des pays africains ayant réussi le passage sans heurts du parti unique au multipartisme.
Trois décennies en arrière, le coup de feu, le sang, le complot vrai ou supposé étaient la règle de succession au pouvoir et l'on jura en choeur pendant la CNS « Plus jamais ça ! » pour exorciser le mal fait par la nation à elle-même. Pourtant, comme dans la vie de tous les jours, les mots sont importants mais ne signifient rien sans la foi de qui les prononce.
Au détour du chemin arpenté en seulement quelques semaines, les démons de la discorde prirent le pas sur les espérances chantées pendant la CNS. Les Congolais, soudainement, ne s'adressèrent plus la parole au motif que leurs intérêts divergeaient trop, que la meilleure façon pour chacun de préserver les siens était d'aller à l'affrontement.
Ils firent pire que ce qu'ils reprochaient à ceux qui les avaient précédés les trente premières années d'indépendance. Du sang, toujours du sang pendant si longtemps qu'au résultat, le pays qu'ils chérissaient tant recula de plusieurs années, anéantissant les quelques progrès enregistrés auparavant. C'est du passé, mais c'est notre histoire.
Le 10 juin 2026 à Dolisie, l'appel à l'unité des filles et fils du Niari a été lancé au cours des jeux organisés pour la circonstance. Cet appel doit retentir au-delà des frontières de ce département et couvrir le Congo tout entier.
Quand bien même les rigueurs du temps qui passe amenuisent le format de célébration de ce jour décrété férié, il est important d'enseigner aux jeunes générations combien, par son déroulement et son dénouement, la CNS a été un moment particulier de l'histoire de notre pays.
AUTHOR: Gankama N'Siah
Edition:
Édition Quotidienne (DB)
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