A Koussan, chef-lieu de la commune du même nom, situé dans le département de Goudiry, le sujet qui alimente toutes les conversations est l'histoire des 55 personnes sous la menace d'une expulsion vers le Mali. La mesure doit entrer en vigueur ce lundi 15 juin et les populations soutiennent ne point y adhérer. Ce qui laisse présager des tensions dans cette partie du Boundou.
Ces 55 personnes sont venues du village malien de Sangafara situé dans la région de Kayes. A en croire leur porte-parole du jour, Samba Bâ, c'est pour des raisons de sécurité avec l'accentuation de la menace djihadiste que nous avons préféré revenir au bercail. Nous avons subi deux menaces successives ", a-t-il expliqué.
Depuis le mois février, ces personnes parmi lesquelles figurent 26 enfants et 12 femmes, tout comme des personnes âgées, sont établies à Koussan. Sur le champ de leurs grands-parents, les populations de Koussan les ont aidées à construire leurs cases. Elles ont commencé à refaire leur vie, d'aucuns se sont même mariés, d'autres ont donné naissance à des enfants et soudain, la corde de la guitare se casse en pleine symphonie. Selon Amadou Sy, le chef de village de Koussan, c'est le sous-préfet de Boynguel qui lui aurait signifié au téléphone la mesure d'expulsion les frappant.
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"De toutes les façons, je n'ose pas y croire tant que je ne reçois pas une note officielle dans ce sens". Le chef de village poursuit en laissant entendre qu'aucune raison ne lui a été signifiée et il soutient " regretter que le Sénégal en soit là à expulser ses propres fils vers une zone où ils courent le risque de subir les exactions des djihadistes".
Le chef de village d'ajouter que "ces personnes sous la menace d'expulsion sont bien venues d'ici, celui que voyez comme là, (il désigne Samba Bâ), est bien né ici tout comme ses grands-parents. Ils s'étaient installés au Mali depuis plus de 20 ans".
Ce lundi 15 juin sera décisif car, " si je ne reçois pas une note administrative ou une décision de justice expliquant sans équivoque les mobiles d'une telle décision grave, nos parents ne quitteront pas leur terroir. Nous userons de tous les moyens légaux pour empêcher une telle chose", a asséné Amadou Sy, le chef de village de Koussan. En attendant, les populations de cette partie du Boundou ainsi que le président du Conseil départemental de Goudiry, sollicitent le chef de l'Etat et le ministre de l'intérieur afin que cette décision soit tout simplement revue.