Gabon: La récurrence des erreurs médicales, symbole d'un système de santé à la peine

Une femme enceinte de 8 mois qui meurt avec son bébé faute de personnel soignant, des opérations sous anesthésie interrompues par des coupures d'électricité : les témoignages illustrant la faillite du système de santé au Gabon sont nombreux. Il y a cette mère de famille qui lutte depuis 13 ans contre l'administration et la justice et qui attend de savoir si elle pourra embarquer cette semaine pour Paris : une intervention chirurgicale vitale y est programmée pour son fils, victime en 2013 d'une erreur médicale à Libreville. Une affaire remontée jusqu'au sommet de l'État. Des instructions auraient été données. Mais à quelques jours de l'opération, les fonds nécessaires pour l'évacuation sanitaire n'ont pas encore été débloqués.

Pour Noah, le cauchemar a commencé par l'ablation non-justifiée d'un rein puis la pose défectueuse d'une sonde alors qu'il n'avait pas 2 ans. Treize ans après, conséquence physique de ces erreurs, il doit impérativement subir une opération du coeur.

Sa mère, Livia, a mené le combat devant les tribunaux et les administrations, sans jamais parvenir à obtenir une réelle réparation ou prise en charge : « Pour moi, je veux que l'État gabonais prenne ses responsabilités. Je me bats afin que l'État puisse restaurer la dignité de mon fils qui vit aujourd'hui avec un rein et une sténose de l'urètre [un rétrécissement qui provoque entre autres une diminution du jet urinaire et des douleurs, NDLR]. J'ai mené des actions pour me faire entendre parce que je suis épuisée. Les ordres ont été donnés par le vice-président du gouvernement afin que mon enfant soit pris en charge. Mais jusque-là, on se retrouve face à un mur et on me demande de préfinancer. »

« Ça arrive à beaucoup de personnes »

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Missionné par le Réseau de défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Reddhac), son avocat, Maître Calvin Kévis Odounga Leyoumangoye, explique avoir de nombreuses procédures en cours pour des erreurs médicales : « Ce qui se passe pour Dame Livia, ça arrive à beaucoup de personnes. On parle de sécurité sociale, mais aussi de dysfonctionnements de la justice. Il y a beaucoup d'erreurs que les médecins commettent, et il y a une forme d'impunité qui a été mise en place. »

Une impunité qui, selon le Reddhac, s'accompagne souvent de pressions sur les familles pour les dissuader de faire valoir leurs droits.

Jointes par RFI, les autorités du Gabon n'ont pas apporté de précisions sur le sujet.

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