Sénégal: Vers le durcissement des mesures de lutte contre les nouveaux produits du tabac

Dakar — Le Sénégal travaille au renforcement de sa stratégie nationale de lutte contre le tabac, en accordant une attention particulière aux cigarettes électroniques et aux nouveaux produits contenant de la nicotine, a assuré, lundi, le directeur général de la Santé, Youssouph Tine.

"Le gouvernement entend mettre en oeuvre plusieurs mesures prioritaires, notamment l'interdiction des nouveaux produits du tabac et des sachets de nicotine, le renforcement de l'application de la loi antitabac, l'intensification des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes et le développement de services d'aide au sevrage accessibles et gratuits", a-t-il notamment assuré.

Le docteur Youssouph Tine prenait part à la célébration de la journée mondiale sans tabac célébrée le 31 mai, de chaque année.

"Démasquer l'attrait, contrer l'addiction à la nicotine et au tabac", est le thème de cette édition dont la célébration a été décalée.

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Le directeur général de la Santé a également mis en garde contre les techniques de marketing utilisées par l'industrie du tabac pour attirer les jeunes consommateurs.

"Les cigarettes électroniques, le tabac chauffé, les sachets de nicotine sans tabac envahissent nos marchés en bénéficiant aujourd'hui encore, d'un vide juridique et fiscal que nous devons combler d'urgence", a-t-il martelé, en évoquant l'exposition précoce des enfants au tabac.

Youssouph Tine a toutefois salué les progrès enregistrés dans le pays, citant les résultats de l'Enquête de prévalence du tabagisme chez les Adultes (GATS) 2023 qui montre une "baisse de la prévalence du tabagisme chez les adultes, passée de 6 % à 4,4 %, soit une diminution de 25 %".

Une taxe parafiscale pour financer les actions de lutte antitabac

Citant l'Enquête nationale de prévalence du tabagisme chez les Jeunes (GYTS) 2020, le médecin-colonel a indiqué qu'un élève sur cinq a déjà expérimenté le tabac, l'âge moyen d'initiation étant sept ans, selon les mêmes statistiques.

Face à cette situation, il a annoncé le déploiement d'un système de traçabilité des produits du tabac et la création d'une taxe parafiscale destinée à financer durablement les actions de lutte antitabac au Sénégal.

"La prévention n'est pas une dépense, mais un investissement pour la santé et le développement du pays", a-t-il soutenu, appelant les collectivités, les enseignants, les professionnels de santé, les médias et la société civile à poursuivre leur mobilisation pour protéger la jeunesse sénégalaise des méfaits du tabac.

"Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons aller plus loin, c'est-à-dire, comprendre et contrer les mécanismes qui créent et entretiennent l'addiction à la nicotine", a encore fait valoir le direcetur général de la Santé.

De son point de vue, "l'industrie du tabac cultive délibérément cette addiction, à travers une sophistication croissante, pour fidéliser de nouveaux consommateurs toujours plus jeunes".

"La lutte contre le tabac ne peut pas être le combat du seul ministère de la Santé. Elle appelle une forte mobilisation de toutes les forces vives de notre communauté pour l'atteinte de l'objectif 3 des ODD fixé pour 2030", a-t-elle conclu.

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