Congo-Brazzaville: Le dépit d'économistes entre errements répétés de leur pays et exigences réitérées du FMI

Surendetté principalement auprès de la Chine, de banques africaines et sur le marché des eurobonds, le Congo-Brazzaville demandait le 11 mai un nouveau programme d'appui au Fonds monétaire international (FMI), un an après la fin du premier. Un soutien sollicité pour « soutenir la relance économique et renforcer la maîtrise des finances publiques », selon le gouvernement. Des discussions sont donc engagées et le FMI a formulé des « recommandations », ou plutôt a réitéré des recommandations. Car, pour l'essentiel, les efforts demandés par cette institution restent les mêmes, au grand dam d'observateurs.

Stopper la fuite des recettes publiques, les utiliser pour rembourser la dette extérieure et investir dans des projets productifs : une discipline budgétaire dont le manque au Congo-Brazzaville est déjà identifié et connu, rappelle le journaliste économique Alphonse Ndongo. « Qu'il s'agisse des recettes pétrolières, des recettes forestières, des recettes fiscales et douanières, cela crée donc de la dispersion et on se retrouve tout le temps en train d'aller sur le marché financier international, souligne-t-il au micro d'Amélie Tulet. On est à 2,45 milliards de dollars en termes de dette. C'est énorme ! Et qu'est-ce qu'on fait de cet argent ? C'est pour rembourser d'autres dettes. Donc, on est dans un cycle infernal. Et dans ces conditions, que deviennent nos recettes publiques ? Voilà, le problème de fond ».

« Si le bon sens n'est pas compris et que le FMI continue à faire ce qu'il fait... »

Après la présidentielle de mars, le nombre de ministres a augmenté, alors qu'il faut réduire le train de vie de l'État, se désole le Docteur Kitsoro Firmin Kinzounza : « C'est le bon sens, mais si le bon sens n'est pas compris et que le FMI continue à faire ce qu'il fait depuis 2018... Je rappelle que, à l'époque, il y avait 48 mesures et que, quand on a fait le bilan, on s'est rendu compte que la moitié n'avait même pas été suivie... C'est très grave, parce qu'on est en train de créer les conditions pour que nos enfants et nos petits-enfants paient les bêtises qui sont en train d'être faites. Moralement, c'est inacceptable. »

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L'universitaire à la retraite plaide pour une « lutte réelle contre la corruption » et une diversification efficace de l'économie.

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