Les derniers chiffres font état de 837 cas confirmés et de 196 décès avec 49 patients guéris selon le ministère de la Santé de RDC. Bunia, la capitale régionale de la province de l'Ituri, est durement touchée par l'épidémie à virus Ebola. Plusieurs centres de traitement sont sortis de terre depuis l'annonce officielle du début de l'épidémie. Dont celui de MSF adossé à une clinique médicale déjà existante, la clinique Elikya, ouvert depuis une quinzaine de jours et déjà débordé.
Un corbillard démarre avec une énième victime d'Ebola. Derrière, ils sont une vingtaine, de la famille, des amis, éloignés les uns des autres pour éviter la contagion. « Chaque jour, on court derrière l'épidémie », déplore le Dr Maria Mashako, qui coordonne la réponse médicale de MSF en Ituri. Elle explique que ce centre de traitement est opérationnel depuis deux semaines, qu'il a déjà doublé ses capacités d'accueil, passant d'une trentaine de lits à 80.
Mais ce n'est pas encore suffisant. « Tous les jours, malheureusement, on renvoie quelques patients parce qu'on n'a pas de place, reconnaît le Dr Mashako. Certains sont orientés vers les autres centres de traitement. On appelle les collègues pour savoir s'il y a des lits disponibles. Et il est arrivé qu'il n'y ait de lits disponibles nulle part. Les patients rentrent à la maison, et on essaie de les rappeler dès qu'un espace se dégage. »
Devant les tentes qui sortent à peine de terre, Jolie dépose cinq barquettes de nourriture pour ses quatre soeurs et son frère hospitalisés. Ebola a déjà emporté sa soeur aînée et sa tante. « Nous sommes tellement stressés, raconte-t-elle. Beaucoup qui sont déjà à terre. » L'une de ses soeurs a réussi à se lever pour la voir. Elles se saluent de loin, séparées par les barrières qui garantissent le respect des distances de sécurité. « Quand même, maintenant, ça va. » Jolie repart, soulagée. « Très contente, même ! »
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