El Hassan Lachguar somme l'exécutif d'apporter des réponses concrètes à une profession aujourd'hui mal en point.
Le dossier des commerces de proximité revient avec insistance au coeur du débat parlementaire. Lors de la séance des questions orales tenue lundi 15 juin courant à la Chambre des représentants, le député ittihadi, El Hassan Lachguar, a interpellé le ministre de l'Industrie et du Commerce sur la situation préoccupante des épiceries traditionnelles en exigeant de dépasser le stade des déclarations d'intention et d'apporter des réponses concrètes à une profession aujourd'hui mal en point.
Dans son intervention au nom du Groupe socialiste-Opposition ittihadie à la Chambre des représentants, El Hassan Lachguar a dénoncé ce qu'il considère comme une absence de réaction effective de l'exécutif face aux difficultés croissantes rencontrées par les commerçants de proximité, connus sous le nom de «Moul hanout ». Selon lui, malgré les multiples alertes lancées par les organisations professionnelles et plusieurs élus, le dossier « n'a bénéficié d'aucune interaction sérieuse de la part du gouvernement jusqu'à présent».
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Le député ittihadi a particulièrement été choqué par la réponse apportée par le ministre aux professionnels du secteur. «Vous avez dit aux professionnels que ces commerces n'ont pas encore été balayés, comme si vous attendiez qu'ils disparaissent pour intervenir», a-t-il martelé, jugeant que cette approche traduit un manque d'anticipation face aux profondes mutations que connaît le commerce de proximité.
Pour lui, les pouvoirs publics doivent adopter une vision proactive afin de préserver un secteur qui constitue l'un des piliers de l'économie nationale et un maillon essentiel de la cohésion sociale dans les quartiers urbains comme dans les zones rurales.
El Hassan Lachguar a affirmé que «tous les députés tirent aujourd'hui la sonnette d'alarme» face à la dégradation de la situation des petits commerçants. Il a souligné que les propriétaires des petites épiceries et des commerces de quartier n'ont constaté, jusqu'à présent, «aucun véritable engagement gouvernemental au-delà des discours».
Cette inquiétude s'inscrit dans un contexte marqué par l'expansion rapide des grandes surfaces et des enseignes de distribution modernes, dont la présence s'accroît dans plusieurs villes du Royaume. Une évolution qui, selon de nombreux professionnels, fragilise davantage les petits commerces traditionnels déjà confrontés à la hausse des coûts d'exploitation et à la baisse du pouvoir d'achat de nombreux ménages.
Les chiffres illustrent l'importance stratégique du commerce de proximité dans l'économie marocaine. Selon les statistiques, ce secteur représente près de 80% des points de vente du pays et génère environ 58% du chiffre d'affaires du commerce national. Il assure également l'emploi de plus de 36% des travailleurs du secteur commercial.
Rappelant ce poids économique considérable, les représentants du secteur dénoncent l'absence de mesures spécifiques destinées à accompagner la modernisation des petits commerces et à renforcer leur compétitivité face aux nouveaux modèles de distribution.
L'intervention d'El Hassan Lachguar relance ainsi le débat sur la nécessité d'une stratégie nationale de soutien au commerce de proximité. Les professionnels plaident notamment pour des dispositifs d'accompagnement financier, de modernisation des équipements, de digitalisation et d'encadrement de l'implantation des grandes surfaces dans certaines zones.
Alors que des milliers de familles dépendent directement de cette activité, la pression s'accentue sur le gouvernement pour qu'il passe des déclarations d'intention à des mesures concrètes à même de préserver l'avenir de «Moul hanout», figure emblématique du commerce marocain et acteur essentiel de la vie économique locale.