À Madagascar, des centaines de milliers d'élèves ont entamé les épreuves du CEPE, le Certificat d'études primaires, un examen qui marque la fin du cycle primaire et le passage au collège. Un moment important pour les familles malgaches, alors même qu'un projet de réforme prévoit, à terme, la suppression de cet examen.
À l'école publique d'Analakely, au centre d'Antananarivo, Madame Oldine arpente les couloirs avec son fils, Tsichjoa. Tous deux cherchent la salle dans laquelle il passera l'épreuve du CEPE. Pour elle, ce diplôme garde une valeur essentielle. « C'est un diplôme très important. Quand on cherche un travail, les employeurs demandent toutes les certifications. »
Cette année, selon le ministère de l'Éducation nationale, plus de 583 000 élèves sont inscrits au CEPE, dans plus de 2 100 centres d'examen à travers le pays. Mais l'utilité même de ce diplôme est aujourd'hui remise en cause. Pour plusieurs voix issues de la société civile et du mouvement Gen Z, le CEPE est devenu un examen surtout symbolique, qui ne donne pas aux enfants toutes les compétences nécessaires pour affronter la suite.
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Une réforme est d'ailleurs déjà inscrite dans la loi : une loi promulguée en 2020 prévoit la suppression du CEPE, et son remplacement par une évaluation en classe de 6ème, dans le cadre d'une scolarité obligatoire portée à dix ans. Mais le texte tarde à entrer en application. Et pour les écoles, le CEPE reste une étape majeure.
« L'année dernière, le taux de réussite était de 83 %, rappelle Lynah Heredia, adjointe pédagogique dans la Circonscription scolaire (Cisco) d'Antananarivo. Les élèves qui réussissent passent en 6ème. La plupart des élèves qui échouent redoublent la classe. »
Selon une enquête Afrobaromètre, près des trois quarts des Malgaches restent attachés à ce diplôme.