L'Afrique du Sud a célébré hier les 50 ans du soulèvement de Soweto. Le 16 juin 1976, des milliers d'étudiants battaient le pavé contre une loi sur l'apprentissage en Afrikaans - langue de la minorité blanche au pouvoir à l'époque. Une manifestation que la police avait réprimée dans le sang. Un tournant dans la lutte anti-apartheid. Valentin Hugues a participé à une marche commémorative sur les lieux du drame.
Dans les rues de Soweto, Seth Mazibuko donne un peu de contexte sur le lieu du rassemblement : « On appelle ce lieu le "carrefour de la confrontation". C'est ici que la police a lâché les chiens, puis qu'elle a commencé à tirer. Ce n'était pas une scène très réjouissante qui s'est déroulée ici, quand nous avons commencé à compter les corps... »
Aujourd'hui, les forces de l'ordre sécurisent la marche. Les voitures et sirènes de police ne font plus peur aux manifestants.
« Avant, se rassembler ici était dangereux, mais maintenant, on peut le faire pacifiquement, sans faire face aux armes, sans se faire tabasser. On est vraiment reconnaissants », explique Mulalo, un jeune dans la marche.
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Comme Mulalo, de nombreux écoliers en uniforme sont en tête de cortège.
« Imaginez-vous en train de lutter contre des armes à feu sans rien pour vous défendre ; je tiens donc à les remercier, car ils ont fait preuve de courage », dit cette étudiante.
« À l'époque, nous étions opprimés, mais nous avons aujourd'hui des droits et nous bénéficions d'une meilleure éducation », souligne cette autre étudiante.
Mais cette marche symbolise aussi le passage de flambeau entre générations, rappelle Seth Mazibuko, 66 ans aujourd'hui, que l'on retrouve dans le cortège : « Nous avons fait ce que nous devions faire, en tant que génération 1976. Maintenant, nous voulons que les jeunes nous guident, et nous les suivrons. »
50 ans plus tard, la jeunesse sud-africaine lutte différemment, principalement pour un meilleur accès à l'emploi.
Le Market Theatre a permis de créer un espace pour que les gens puissent venir montrer leurs douleurs. Nous, on faisait ça de façon ludique, avec l'idée d'éduquer et de divertir en même temps. Les populations blanches ne connaissaient rien aux ghettos, alors on leur a amené le township sur scène, ici, en pleine ville...