Angola: Une expédition scientifique forme des agents d'institutions publiques

Luanda — L'expédition scientifique, menée le week-end dernier à Baía dos Tigres, dans la province de Namibe, a également permis de former des techniciens et des agents de diverses institutions publiques aux procédures de capture, de suivi sanitaire et de conservation des mammifères marins.

Selon Manuel Silva, directeur général adjoint du secteur technique du Service national d'inspection des pêches, qui s'exprimait lundi à Luanda, la mission a permis de développer des compétences locales dans les domaines vétérinaire et de la conservation environnementale, favorisant ainsi l'émergence d'une nouvelle génération de spécialistes engagés dans la protection de la biodiversité marine.

Dans des déclarations exclusives à l'ANGOP, il a indiqué qu'en parallèle des activités scientifiques, des actions de sensibilisation avaient été menées auprès des communautés et des forces de sécurité déployées dans différentes régions de la province de Namibe.

La campagne comprenait, a-t-il précisé, la distribution d'affiches pédagogiques contenant des consignes de sécurité à respecter lors d'interactions avec les otaries et autres espèces marines protégées.

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Il a expliqué que les documents mettent en garde contre la nécessité d'éviter toute approche excessive, toute perturbation des colonies et toute pratique susceptible de compromettre la survie des animaux.

Par ailleurs, il a jugé positive la mission d'étude et de recensement des phoques et des oiseaux marins de Baía dos Tigres, et a souligné la valeur technique et pédagogique de cette initiative menée par l'Institut de recherche marine et l'organisation Mundo Marinho.

Il a expliqué que cette action a permis d'acquérir de nouvelles connaissances sur les espèces et a renforcé la compréhension des mesures de conservation nécessaires à leur protection.

Le responsable a insisté sur la pertinence de la recherche, du suivi sanitaire et de l'identification des populations existantes, soulignant que les données recueillies permettront d'améliorer la planification des futures politiques de gestion et de conservation.

Il a été noté que 19 spécimens d'otaries, communément appelées phoques, ont été capturés et soumis à des examens cliniques, qui ont servi de base à la collecte d'échantillons destinés à la détection de maladies ayant un impact potentiel sur la biodiversité et la santé publique.

Cependant, les signes observés lors de l'expédition scientifique révèlent que la pression humaine croissante, liée au tourisme non réglementé, à la pêche illégale et aux captures accidentelles d'animaux, risque non seulement de compromettre la survie des colonies locales, mais aussi de perturber l'équilibre écologique de la région.

On constate également une demande croissante pour l'adoption de mesures concrètes de gestion environnementale, capables d'assurer la préservation de l'un des patrimoines naturels les plus précieux de la côte angolaise.

Baía dos Tigres est l'une des zones les plus emblématiques de la biodiversité côtière en Angola et continue de jouer un rôle fondamental dans la conservation des phoques, des oiseaux migrateurs et d'autres espèces marines.

Située dans la province de Namibe, c'est la plus grande île d'Angola et une destination fascinante pour le tourisme d'aventure.

Ancienne péninsule, elle est devenue une île en 2007 suite à la rupture de l'isthme, ce qui a entraîné la disparition de l'étroite bande de terre entourée d'eau sur deux côtés.

Aujourd'hui, elle est célèbre pour son « village fantôme » (un ancien village de pêcheurs abandonné), ses paysages désertiques préservés et sa riche biodiversité marine.

En raison de son isolement extrême et du manque d'infrastructures, une visite exige une planification logistique rigoureuse.

La traversée depuis la côte continentale se fait généralement par voie maritime ou en véhicule tout-terrain (4x4) lors d'expéditions guidées.

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