Luanda — L'environnement des affaires en Angola est de plus en plus structuré, sûr et intégré dans un cadre propice aux investissements étrangers, comparativement aux dix dernières années, selon le président du conseil d'administration de l'Agence de promotion des investissements privés et des exportations (AIPEX), Arlindo das Chagas Rangel.
Dans un entretien accordé au Jornal de Economia e Finanças (Journal d'économie et de finance), le dirigeant a souligné que les réformes en cours dans le pays visent à consolider la position de l'Angola comme destination stratégique à long terme pour la production et les exportations régionales.
Il a réaffirmé que ce constat est étayé par des indicateurs macroéconomiques qui témoignent du renforcement du secteur non pétrolier.
Concernant la croissance du secteur non pétrolier, Arlindo das Chagas Rangel a expliqué que cette conjoncture économique positive se traduit par une réduction de la dépendance au pétrole.
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Il a indiqué qu'en 2025, le secteur non pétrolier a enregistré une croissance de 5,11 %, contrairement à la contraction de 5,23 % observée dans le secteur pétrolier.
Il a ajouté que cette tendance s'est poursuivie au premier trimestre 2026, période durant laquelle le secteur non pétrolier a progressé de 6,22 %, contre une baisse de 0,21 % pour l'activité pétrolière.
Défis structurels et décentralisation
Malgré les progrès accomplis, le président du conseil d'administration de l'AIPEX a reconnu l'existence de quatre obstacles majeurs fréquemment soulevés par les investisseurs, notamment les procédures administratives, qui nécessitent une plus grande rapidité et une meilleure coordination entre les institutions.
De même, les coûts contextuels, qui requièrent selon lui une plus grande stabilité des règles opérationnelles afin de garantir la prévisibilité, et la question des infrastructures de base, où les défis résident dans l'accès stable à l'énergie, à l'eau, aux télécommunications et aux terrains viabilisés.
Un autre défi concerne la décentralisation, à propos de laquelle le responsable a justifié qu'il existe des incitations pour l'investissement à l'intérieur du pays, soulignant cependant que le succès de cette mesure dépend crucialement de l'amélioration des infrastructures logistiques régionales.
Avantages concurrentiels et marchés cibles
Concernant les avantages concurrentiels, le responsable a mis en avant la situation géographique stratégique de l'Angola, avec un accès direct à l'océan Atlantique via les corridors de Luanda, Lobito et Namibe, qui relient les marchés d'Afrique australe et centrale au commerce mondial.
L'adhésion de l'Angola à la SADC et à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) lui ouvre les portes d'un marché de plus de 300 millions de consommateurs.
Par ailleurs, la stabilité politique et sociale, la baisse de l'inflation et l'assainissement des finances publiques renforcent la perception du pays comme un atout majeur à l'international.
Arlindo das Chagas Rangel a identifié l'Extrême-Orient et l'Asie du Sud-est comme des marchés prioritaires pour les investissements, en raison de leur capacité financière et de leur réactivité, sans pour autant négliger les partenaires traditionnels des Amériques, d'Europe et du Moyen-Orient.
Emploi, jeunesse et intégration des PME
À cet égard, il a indiqué que l'AIPEX oriente ses investissements vers des secteurs à forte intensité de main-d'oeuvre, tels que l'industrie et l'agro-industrie, afin de lutter contre le chômage des jeunes.
Selon le gestionnaire, les compétences les plus recherchées par les investisseurs sont celles de techniciens industriels, de spécialistes de la maintenance, de professionnels de la logistique, d'ingénieurs et de professionnels des technologies de l'information.
« Le principal défi relevé par les investisseurs est la pénurie de compétences techniques spécifiques, ce qui exige une meilleure coordination entre le système éducatif et le secteur productif », a-t-il souligné.
Parallèlement, il a ajouté que l'AIPEX développe une collaboration avec l'Institut national d'appui aux micro, petites et moyennes entreprises (INAPEM), visant à renforcer les capacités des entreprises locales afin qu'elles s'intègrent avec succès aux chaînes d'approvisionnement et de distribution des grands projets mis en oeuvre dans le pays.
L'Agence angolaise pour l'investissement privé et la promotion des exportations (AIPEX) est l'organisme chargé de la mise en oeuvre des politiques gouvernementales visant à attirer les investissements privés nationaux et étrangers et à promouvoir les exportations.