Le Fonds national de réparations des victimes (FONAREV) et la Commission interministérielle d'aide aux victimes et d'appui aux réformes (Cia-Var) ont franchi une nouvelle étape dans leur campagne de sensibilisation en faveur des victimes des violences dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Réunis à Paris dans le cadre de l'événement intitulé "La Traversée", les deux organismes ont appelé à une mobilisation internationale accrue pour la reconnaissance des génocides et des crimes de masse commis sur le territoire congolais depuis plusieurs décennies.
Cette rencontre, placée sous le signe de la mémoire, de la vérité et de la justice, a rassemblé chercheurs, scientifiques, journalistes, juristes, artistes et acteurs engagés autour d'un même objectif : faire connaître au monde l'ampleur des tragédies humaines vécues par les populations congolaises. L'événement a bénéficié du soutien organisationnel de l'entrepreneure franco-sénégalaise Hapsatou Sy, qui a également pris la parole pour soutenir l'initiative.
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Dans une intervention engagée, Hapsatou Sy a invité le public à soutenir la pétition citoyenne lancée pour la reconnaissance internationale des génocides commis en RDC. Cette démarche vise à renforcer le plaidoyer porté par les organisations congolaises et à sensibiliser l'opinion publique internationale à la situation des victimes.
Pour les organisateurs, La Traversée s'inscrit dans une dynamique de long terme destinée à porter la vérité sur les violences documentées dans l'est du pays, à préserver la mémoire des victimes et à encourager une reconnaissance fondée sur les faits. Les différents intervenants ont souligné la nécessité de nommer les crimes commis et de poursuivre les efforts de justice afin d'éviter que ces drames ne sombrent dans l'oubli.
Au coeur des échanges figuraient les conséquences humaines des conflits qui secouent la région depuis plusieurs décennies. Les participants ont notamment évoqué les violences sexuelles, le recrutement d'enfants dans les groupes armés, les déplacements forcés de populations ainsi que les nombreuses atteintes aux droits fondamentaux des civils.
Le FONAREV et la Cia-Var ont également insisté sur la responsabilité de la communauté internationale dans l'accompagnement des victimes et dans la promotion d'une paix durable dans la région des Grands Lacs. Selon eux, une mobilisation plus forte des États, des organisations internationales et de la société civile demeure indispensable pour soutenir les mécanismes de justice et de réparation.
La campagne de sensibilisation lancée à Paris s'accompagne d'une vaste collecte de signatures destinée à renforcer la reconnaissance du concept de #Genocost, terme utilisé en RDC pour désigner les génocides à visée économique ainsi que le coût humain des conflits armés. Les initiateurs espèrent mobiliser des millions de citoyens à travers l'Afrique et le monde autour d'un message de solidarité envers les victimes congolaises.
« Engageons-nous à l'appropriation du #Genocost et à la reconnaissance internationale du génocide congolais, pour la promotion de la culture de paix », ont rappelé les organisateurs, faisant de ce slogan le fil conducteur de la rencontre parisienne.
Au-delà de la mobilisation citoyenne, La Traversée a également permis de mettre en lumière le travail de documentation et de recherche mené depuis plusieurs années par le FONAREV et la Cia-Var pour établir les faits relatifs aux crimes commis en RDC et soutenir les démarches de reconnaissance internationale.
Un fonds dédié à la réparation des victimes
Créé à la fin de l'année 2022, le FONAREV est un établissement public congolais chargé d'identifier, d'accompagner et de réparer les victimes de violences sexuelles liées aux conflits ainsi que d'autres crimes graves contre la paix et la sécurité de l'humanité. Depuis sa création, l'institution affirme avoir recensé plus de 250 000 victimes, principalement dans les provinces de l'est de la RDC, et engagé des programmes d'indemnisation, d'assistance juridique et d'accompagnement psychosocial.
La mise en place du FONAREV coïncide avec l'institutionnalisation du concept de #Genocost dans le droit congolais à travers la loi n°22/065 du 26 décembre 2022. Pour ses promoteurs, la reconnaissance officielle de ce concept par la communauté internationale constituerait une étape majeure dans le processus de réparation des souffrances subies par des millions de Congolais et dans la préservation de la mémoire des victimes.
À travers cette nouvelle campagne, le FONAREV et la Cia-Var entendent maintenir la pression sur la scène internationale afin que les violences commises en RDC continuent de susciter attention, solidarité et engagement en faveur de la justice et de la paix.