Dans le cadre du Projet 108 des Centres d'Excellence CBRN de l'Union Européenne, consacré au renforcement des capacités de contrôle et d'analyse pour améliorer la sécurité de la chaîne alimentaire au niveau de la façade atlantique africaine, un atelier sur la sécurité sanitaire des aliments s'est tenu, lundi 15 juin 2026, à Dakar. Les acteurs du ministère de l'Environnement et de la Transition écologique sont les bénéficiaires de cette session.
De plus en plus des gens meurent d'une mauvaise gestion des aliments. Au Sénégal, on assiste à des saisies d'aliments impropres à la consommation sur l'étendue du territoire national. Fort de ce constat et préoccupé par la santé des populations, des acteurs du ministère de l'Environnement et de la Transition écologique réfléchissent sur une meilleure sécurisation des aliments. Depuis hier, lundi 15 juin 2026, un atelier de trois jours réunit différents acteurs du département venus de plusieurs secteurs.
Pour Professeur Amadou Diop, président du CODEX, cet atelier national intervient dans un contexte où la sécurité sanitaire des aliments constitue un enjeu majeur de santé publique, de développement économique et de protection des consommateurs. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), en Afrique, les maladies d'origine alimentaire causent chaque année plus de 137.000 décès et près de 91 millions de cas grave avec un lourd tribut pour les pays africains.
Face à la froideur des chiffres, il soutient que le Sénégal a fait le choix d'une approche intégrée et multisectorielle associant les dimensions juridiques, techniques, scientifiques et opérationnelles de la sécurité sanitaire des aliments. « Cette démarche est parfaitement en phase avec les principes du CODEX Alimentarius, qui repose sur la science, l'analyse des risques et la coopération entre tous les acteurs de la chaîne alimentaire », a fait savoir Pr Diop.
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Et d'ajouter : « les travaux qui seront menés ici devront contribuer à bâtir un système national plus résilient, plus performant et mieux préparé aux risques émergents, y compris les menaces liées aux contaminations intentionnelles, à la fraude alimentaire et aux situations de crise ».
Pour Christophe Casas, Attaché régional de réponses aux crises Equipe régionale des Instruments de Politique Etrangère de l'Union européenne, cet atelier marque une étape décisive dans leur engagement collectif à garantir aux populations de la région de la façade atlantique africaine, en particulier au Sénégal, un accès à des aliments sûrs, sains et protégés, conformément aux objectifs ambitieux de ce projet. « La sécurité sanitaire des aliments est une nécessité vitale pour la santé publique, la stabilité économique et la sécurité régionale » a-t-il évoqué.
Dans la première phase du projet lancée le 18 septembre 2025, le chef de la Direction de la Réglementation environnementale et du Contrôle (DIREC) du ministère de l'Environnement et de la Transition écologique, Baba Dramé, a renseigné sur le travail abattu. « Les analyses menées ont permis de dresser un état des lieux précis, tant sur le plan juridique que sur le plan technique. Elles ont mis en lumière les forces de notre système, mais aussi ses fragilités. Les laboratoires nationaux disposent de ressources humaines compétentes, mais souffrent d'un déficit d'équipements modernes et de financements adaptés. Les capacités de contrôle sont réelles, mais inégalement réparties. Les textes réglementaires existent, mais nécessitent une harmonisation, une clarification et une meilleure application » a-t-il dit.
Des constats, selon lui, qui ne doivent pas être perçus comme des obstacles, mais comme des leviers d'action. « La sécurité sanitaire des aliments n'est pas seulement une exigence technique ou réglementaire. Elle est un impératif de santé publique, un enjeu de compétitivité économique, un facteur de confiance pour les consommateurs, et un élément essentiel de la souveraineté agroalimentaire. Elle est aussi un enjeu de sécurité nationale. Les risques de contamination intentionnelle, de sabotage, de fraude alimentaire ou de falsification ne sont plus théoriques. Ils sont réels, documentés, et appellent une vigilance accrue. »