Selon les dernières données du « Growth Lab » de l'Université de Harvard, la Tunisie se hisse au 47e rang mondial de l'Indice de complexité économique (ECI). Portée par un appareil industriel de plus en plus sophistiqué, cette performance la place aux premières loges du continent africain aux côtés de l'Afrique du Sud.
En effet, la Tunisie confirme graduellement mais assurément, la robustesse et la modernité de ses capacités productives à l'échelle internationale. En témoigne le profil par pays établi par « l'Atlas of Economic Complexity de l'Université de Harvard » qui met en évidence que la Tunisie réalise bel et bien une performance notable en se classant en tête du palmarès africain et en se positionnant à la 47e place mondiale sur 145 économies passées au crible.
Il est à noter dans ce cadre, que cet indice de référence ne mesure pas la richesse brute d'un État, mais sa densité industrielle, c'est-à-dire la diversité, la sophistication et la somme de « savoir-faire » (know-how) intégrés dans ses produits d'exportation. À ce jeu, l'économie tunisienne démontre une transformation structurelle digne. De fait, en l'espace d'une décennie, le pays a bondi de 12 places dans le classement mondial, illustrant ainsi une diversification rapide vers des secteurs à haute valeur ajoutée.
Une démarche exceptionnelle
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Le leadership africain de la Tunisie repose sur un tissu industriel capable de produire des biens complexes. Contrairement aux économies basées sur l'extraction de matières premières brutes, le modèle tunisien s'appuie justement sur des exportations technologiques majeures. Les pôles de l'électronique, notamment les composants et cartes, de la câblerie (faisceaux de câbles pour l'automobile) et de la machinerie industrielle, en sont les principaux moteurs sur les marchés internationaux. Ainsi le pays s'impose en tête du continent grâce à sa forte diversification et à la sophistication de ses exportations industrielles.
A ce titre, l'étude de Harvard met en lumière un paradoxe digne d'être vu et apprécié : la Tunisie relève le défi et s'avère « plus complexe que prévu » par rapport à son niveau de richesse actuel ! La croissance du PIB par habitant s'est établie en moyenne à -0,9 % au cours des cinq dernières années, une performance supérieure aux moyennes régionales.
Et aussi invraisemblable que cela puisse paraître, bien qu'elle se classe au 97e rang mondial pour le PIB par habitant et avec un revenu de 4 290 dollars (14 386 dollars en parité de pouvoir d'achat), les compétences de production de la Tunisie correspondent pourtant aux standards de pays développés et bien plus riches. Et c'est ce qui lui confère d'ailleurs un avantage compétitif unique en Afrique. La Tunisie présente donc une complexité supérieure à celle attendue pour son niveau de revenu. Par conséquent, une croissance modérée est projetée pour son économie.
La Tunisie a du potentiel
C'est cette forte concentration d'intelligence industrielle offre à la Tunisie un potentiel de croissance unique pour l'avenir. Le Growth Lab anticipe d'ailleurs de nombreuses opportunités de diversification en s'appuyant sur les connaissances existantes du pays. Dans ses projections à l'horizon 2034, le laboratoire de Harvard prévoit d'ailleurs une croissance annuelle moyenne de 3,3 % au cours de la prochaine décennie, propulsant la Tunisie dans la moitié supérieure des économies les plus dynamiques du globe.