En République démocratique du Congo, la violence des ADF ne faiblit pas dans l'est du pays. Le Baromètre sécuritaire du Kivu, projet porté par l'institut congolais Ebuteli, vient de publier son rapport sur le mois de mai. Une ville symbolique a été visée, qu'on croyait pourtant épargnée depuis plusieurs années.
Le Baromètre sécuritaire du Kivu a recensé 305 incidents sécuritaires en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, contre 235 en avril. Cette hausse de 21 % tient presque entièrement aux ADF : le groupe a tué au moins 190 civils en mai, contre 53 un mois plus tôt.
Le signal le plus net de ce regain est le retour des combattants à Beni même. Dans la nuit du 30 au 31 mai, ils ont mené une triple incursion dans la ville et ses environs. Le Baromètre sécuritaire du Kivu précise qu'aucune attaque n'avait touché la zone urbaine de Beni depuis 2023.
Le territoire de Mambasa, plus au nord, a connu un schéma différent mais tout aussi marquant : le même village, Alima, a été attaqué trois fois en deux semaines, les 7, 19 et 22 mai, pour un total d'une quarantaine de morts.
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Le rapport relie cette vague de violence aux opérations Shujaa, lancées en avril par les FARDC dans la chefferie voisine de Babila Bakwana.
Face à cette persistance, le gouvernement affirme avoir renforcé son dispositif. Début juin, lors d'un point de presse, le porte-parole Patrick Muyaya a assuré que des mesures de renfort avaient été prises en Ituri et au Nord-Kivu, dans le cadre d'une coordination avec l'armée ougandaise contre les groupes armés.