Cote d'Ivoire: PND 2026-2030 - « Les priorités sont bien alignées », selon Lisandro Martin de la Banque mondiale

interview

En visite à Abidjan, Lisandro Martin, directeur du département des résultats au Groupe de la Banque mondiale, revient sur la nouvelle approche de l'institution axée sur les résultats. Il explique également en quoi cet outil peut accompagner efficacement la mise en oeuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030 de la Côte d'Ivoire.

Quel est le contexte de la mise en place du Scorecard, ce tableau de bord des résultats ?

Nous évoluons aujourd'hui dans un contexte international particulièrement difficile, marqué par une baisse significative des ressources consacrées au développement. Dans ce cadre, les attentes en matière de résultats sont plus élevées que jamais. C'est pourquoi la Banque mondiale a décidé de recentrer son action sur l'impact concret de ses interventions. Nous avons ainsi mis en place un Scorecard, un tableau de bord reposant sur 22 indicateurs clés, afin de nous assurer que nos investissements produisent des résultats tangibles pour les populations à travers le monde.

Pourquoi cette orientation vers les résultats et les impacts est-elle devenue incontournable ?

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La contraction des financements du développement impose aux bailleurs de fonds une exigence accrue de redevabilité. Ils doivent pouvoir démontrer clairement l'usage des ressources qui leur sont confiées. Par ailleurs, au niveau des pays, notamment en Côte d'Ivoire, les citoyens attendent également des comptes de la part des autorités publiques. Ils souhaitent que les politiques de développement se traduisent concrètement par une amélioration de leurs conditions de vie. Cette double exigence, à la fois des bailleurs et des populations, renforce la nécessité d'une gestion rigoureuse, transparente et efficace des ressources.

Une meilleure gestion des ressources peut-elle réellement améliorer les conditions de vie des populations ?

Absolument. Les 22 indicateurs du Scorecard couvrent des domaines essentiels comme la création d'emplois, l'accès à des soins de santé de qualité ou encore l'amélioration de l'éducation. Lorsque nous suivons la mise en oeuvre des projets et que nous constatons des progrès sur ces indicateurs, cela signifie que les ressources financières mobilisées produisent effectivement des résultats concrets pour les populations.

Certains indicateurs sont-ils considérés comme prioritaires ?

Oui, plusieurs indicateurs sont particulièrement stratégiques. Il s'agit notamment de l'accès à l'énergie ; l'accès à des services de santé de qualité ; l'efficacité du système éducatif ; l'usage des technologies numériques. Nous avons d'ailleurs affiné notre approche. Par exemple, nous ne mesurons plus seulement l'accès à Internet, mais son utilisation effective. De même, nous ne nous limitons plus à compter le nombre de comptes bancaires, mais nous évaluons désormais le niveau réel d'inclusion financière.

Comment cet outil peut-il aider la Côte d'Ivoire dans la mise en oeuvre de son PND 2026-2030 ?

Nous sommes très fiers du partenariat entre la Banque mondiale et la Côte d'Ivoire. Nous avons participé au processus d'élaboration du Plan national de développement. Un élément essentiel ressort : de nombreux indicateurs du PND sont alignés sur ceux de la Banque mondiale. Ce qui veut dire que les priorités de la Banque mondiale et les priorités de la Côte d'Ivoire sont vraiment bien alignées. Cela signifie que nous partageons une vision commune et que nous allons mesurer les progrès selon des critères similaires.

Cet alignement constitue un atout majeur pour assurer une mise en oeuvre efficace du Plan. Il est néanmoins essentiel de créer régulièrement des cadres de concertation entre toutes les parties prenantes afin de suivre les progrès et d'ajuster les actions si nécessaire. Nous avons constaté, à l'échelle mondiale, que de nombreux pays élaborent de bons plans de développement, mais rencontrent des difficultés dans leur mise en oeuvre. C'est précisément sur cet aspect que nous voulons accompagner la Côte d'Ivoire.

Quel regard portez-vous sur la performance économique actuelle de la Côte d'Ivoire ?

La Côte d'Ivoire affiche une croissance économique remarquable. Toutefois, l'enjeu majeur est de rendre cette croissance inclusive. Il est essentiel que cette dynamique économique se traduise par la création d'emplois de qualité et une meilleure intégration des jeunes, qui constituent le cœur présent et futur de l'économie ivoirienne.

Votre appui peut-il contribuer à améliorer la gestion des fonds liés au PND ?

Oui, notre collaboration avec les autorités ivoiriennes va bien au-delà de la définition des indicateurs. Nous travaillons également sur leur utilisation effective dans la gestion des politiques publiques. L'objectif est de renforcer la transparence et la confiance, tant vis-à-vis des populations que des autres partenaires financiers, comme la Banque africaine de développement. Cette confiance est essentielle pour mobiliser durablement des financements en faveur du développement.

Maintenez-vous votre confiance en la Côte d'Ivoire ?

Absolument. Nos échanges avec le gouvernement et les partenaires techniques et financiers ont été très positifs. Ils ont porté sur des notions essentielles telles que la crédibilité, les résultats et la confiance. Nous sommes convaincus que la Côte d'Ivoire peut jouer un rôle de leader au niveau régional, en démontrant qu'une approche axée sur les résultats permet de renforcer la confiance des populations et d'assurer une utilisation efficace des ressources.

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