Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Promotion de l'autonomisation des femmes, des filles et des personnes en situation de handicap pour un leadership renforcé », l'ONG IDEAL INTER a organisé une série de formations communautaires sur le genre et l'inclusion sociale dans les localités de Korhogo, Ferkessédougou et Nakouroubélékaha (commune de Sinématiali).
Cette initiative s'inscrit dans le Projet d'Appui à la Société Civile de Côte d'Ivoire (PASCI), piloté par le consortium Save the Children - CERAP/Social Justice, avec l'appui du CRASC-NORD et le financement de l'Union européenne. Le projet vise à renforcer le leadership des femmes, des filles et des personnes en situation de handicap, tout en favorisant leur participation aux instances de décision et au développement local à travers la promotion du genre, de l'inclusion sociale et de l'égalité des chances.
Le 8 juin 2026, à Korhogo, les activités ont été marquées par la visite d'une délégation de l'Union européenne venue constater les progrès réalisés sur le terrain et échanger avec les bénéficiaires ainsi que les partenaires de mise en œuvre. Cette visite témoigne de l'intérêt du bailleur pour les résultats obtenus et de son engagement en faveur d'une société ivoirienne plus inclusive.
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Former les acteurs communautaires à la promotion du genre et de l'inclusion
Les formations avaient pour objectif de renforcer les capacités des associations locales de femmes et des organisations de personnes en situation de handicap sur les notions de genre, d'équité et d'inclusion sociale.
Plus spécifiquement, elles visaient à permettre aux participants de :
- comprendre les concepts clés liés au genre, à l'inclusion sociale, à l'équité et à la lutte contre les discriminations ;
- identifier les inégalités et les obstacles rencontrés dans leurs communautés ;
- renforcer leurs compétences en communication inclusive et en animation communautaire ;
- disposer d'outils pour conduire des actions de sensibilisation et de plaidoyer au niveau local.
Les sessions se sont déroulées selon le calendrier suivant :
- 4 juin 2026 : Nakouroubélékaha (commune de Sinématiali) ;
- 5 juin 2026 : Ferkessédougou ;
- 8 juin 2026 : Korhogo.
Au total, 75 représentants d'associations partenaires, soit 25 participants par localité, ont pris part aux différentes sessions. La participation a été largement féminine, conformément à la cible du projet. À Korhogo, le groupe comptait notamment cinq personnes en situation de handicap et quatre hommes. À Ferkessédougou et à Nakouroubélékaha, les sessions ont enregistré respectivement deux hommes parmi les participants. Les formations ont été animées par des consultants de la Commission Régionale des Droits de l'Homme du Poro et du Tchologo, avec l'appui technique de l'équipe du projet.
Afin de tenir compte du faible niveau d'alphabétisation d'une grande partie des participants, une approche participative et adaptée au contexte socioculturel a été privilégiée. Les échanges ont été facilités grâce à des traductions en langues locales, favorisant ainsi une meilleure compréhension des contenus.
Une visite de terrain de l'Union européenne
L'étape de Korhogo a constitué le temps fort de cette série de formations avec la visite d'une délégation de l'Union européenne composée notamment de CASARE Geio Areliandra (JPD), de Maître Estelle, chargée de programme, et de Palombaro Marina, coordonnatrice du projet PDSC. La délégation était accompagnée de Babaedjou Ousmane, Project Manager du PASCI, de Yéo Ténéna Benjamin, directeur exécutif du CRASC-NORD, ainsi que de trois représentants du YSB2.
Après les présentations d'usage, la session a été conduite par Djiré Aboulaye, président de la Commission Régionale des Droits de l'Homme du Poro. Les échanges ont porté sur les notions de genre, d'inégalités, de discrimination, d'équité et d'inclusion sociale. Grâce à une pédagogie basée sur des exemples concrets tirés du vécu des participants, ces concepts ont été progressivement mieux assimilés.
Les discussions ont également permis d'aborder les principaux obstacles auxquels les femmes restent confrontées : accès limité aux opportunités économiques et sociales, faible représentation dans les instances de décision, répartition inégale des responsabilités domestiques et poids des normes socioculturelles. Les bénéficiaires ont exprimé leur volonté de devenir des relais communautaires afin de promouvoir l'égalité de genre, les droits des femmes et l'inclusion des personnes en situation de handicap.
Des acquis encourageants
Au terme des formations, plusieurs résultats ont été enregistrés :
- une meilleure compréhension des notions de genre, d'équité et d'inclusion sociale ;
- une identification plus précise des inégalités et discriminations existant dans les communautés ;
- un renforcement des capacités des associations partenaires en matière de sensibilisation communautaire ;
- un engagement accru des bénéficiaires à conduire des actions locales de plaidoyer.
La principale difficulté rencontrée demeure le faible niveau d'instruction de certains participants. Toutefois, l'utilisation de méthodes participatives, de supports simplifiés et de traductions en langues locales a permis d'assurer une forte implication des bénéficiaires.
Les organisateurs recommandent de poursuivre les formations de proximité, d'impliquer davantage les hommes et les leaders communautaires dans les actions de sensibilisation et de développer des supports pédagogiques plus accessibles aux publics faiblement alphabétisés.
À travers cette initiative, IDEAL INTER et ses partenaires contribuent à renforcer les capacités des communautés du Poro et du Tchologo en faveur d'une société plus équitable, inclusive et respectueuse des droits de tous. La visite de l'Union européenne est venue confirmer la pertinence de cette approche communautaire et encourager la poursuite des actions en faveur du leadership des femmes, des filles et des personnes en situation de handicap.