Au Mali, la situation évolue un peu dans la région de Kidal où les indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim ont pris le 25 avril le contrôle de la ville.
L'armée et ses supplétifs russes avaient également fui Tessalit, mais demeurent présents dans deux autres camps militaires de la région, Aguelhoc et Anefis. Depuis un mois et demi, les deux camps se préparent à de futurs combats qui semblent inéluctables. Aucune attaque d'envergure n'a encore eu lieu, mais le FLA a récemment effectué des tirs de drone contre le camp d'Anefis, tandis que l'armée et l'Africa Corps ont mené des opérations au sol. Mercredi 17 juin, un berger a été capturé et des centaines de têtes de bétail tuées ou blessées.
Les soldats maliens et leurs partenaires russes de l'Africa Corps en poste à Aguelhoc sortent régulièrement de leur camp pour mener des patrouilles. Au cours de l'une d'entre elles, le 17 juin à la mi-journée dans le secteur d'Atchou, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Aghuelhoc, les militaires ont capturé un jeune berger et mitraillé environ 300 moutons. Deux cents ont été tués, les autres blessés.
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C'est ce qu'ont rapporté, images à l'appui, de nombreuses sources locales, parmi lesquelles des ressortissants de la zone, des professionnels de la veille sécuritaire, l'association de défense des droits humains CD-DPA (Collectif pour la défense des droits du peuple de l'Azawad/Nord-Mali) ainsi que des membres du FLA. « Ils veulent établir un périmètre de sécurité autour de leurs camps », croit savoir un cadre indépendantiste, qui scrute les mouvements des militaires.
« Pousser les populations à l'exil »
Le 7 juin dernier déjà, au campement nomade d'Intanherte, à une vingtaine de kilomètres à l'est d'Aguelhoc, ce sont plus de 80 chèvres, vaches et ânes qui avaient été tués, là encore par balles, et plusieurs habitations incendiées. « Tous les habitants du campement ont fui », déplore Tilla Ag Zeine, Secrétaire général de l'association CD-DPA, qui dénonce « la cruauté qui consiste à s'en prendre aux moyens de subsistance des populations. La destruction délibérée du bétail par les forces maliennes et l'Africa corps russe prive les civils de ressources vitales dans le but de les pousser à l'exil », s'indigne encore le défenseur des droits humains. L'armée malienne n'a pas communiqué sur ces opérations.
Drones kamikazes
De leur côté, les indépendantistes du FLA ont effectué lundi des tirs de drones kamikazes sur le camp militaire d'Anefis. Les images d'une caméra embarquée montrent que la station-relais des drones de l'armée - l'installation qui permet de leur faire parcourir une plus grande distance et donc d'augmenter leur portée opérationnelle - a été touchée. Aucun bilan humain n'a pu être vérifié.
Jusqu'à la fin du mois de mai, c'est l'armée malienne qui avait multiplié les frappes aériennes sur la ville de Kidal. « Elles ont complètement cessé », témoigne un cadre indépendantiste du FLA.