Afrique du Sud: De l'apartheid à la xénophobie !

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C'est avec consternation que nous avons tous vu les images de chasse à l'homme ouverte en Afrique du Sud ces derniers temps. C'est avec le coeur saignant que nous voyons de telles exactions contre des noirs Africains perpétrées par d'autres noirs africains. Et les premières questions que l'on pourrait légitimement se poser sont : que font les pouvoirs publics pour arrêter la bavure et sauver les victimes de cette barbarie ?

Y a-t-il une société civile en Afrique du Sud ? Quid des organisations de défense des droits de l'Homme ? Autant de questions mêlées de doutes au regard du climat de terreur qui semble s'installer dans un pays naguère « arc-en-ciel », mais dont les couleurs semblent s'effriter au gré de la xénophobie. L'autre chose qui nous tient à la gorge, c'est que c'est au pays de Nelson Mandela que le drame se trame. Et là, une certaine honte mêlée de dépit nous étreint et nous brandit à la face du monde avec la mention insupportable mais vraie : « le Noir n'aime pas le Noir ».

Oui, après l'apartheid, cette traversée du désert de la discrimination raciale et malmenée par des semblables à la peau blanche, l'Afrique du Sud est en train de fléchir le genou pour gouter à la charogne d'un bouc émissaire qui n'est nul autre que le frère ou la soeur noire. C'est triste de voir l'héritage du sage Madiba s'estomper sur le macadam d'une guerre inutile entre Africains. Et les raisons d'une telle effervescence donnent la nausée aux âmes bien pensantes. En effet, pour ces Sud-Africains qui s'en prennent aux étrangers, ces derniers sont venus voler leurs emplois. Pour ces Sud-Africains, la main-d'oeuvre étrangère a durci la concurrence sur le marché de l'emploi.

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C'est à se demander si cette raison n'est pas plutôt un aveu d'impuissance vis-à-vis des immigrés plus battants, plus engagés et plus travailleurs. Pourtant, le problème est ailleurs et rien ne sert de le nommer. L'Afrique du Sud semble inexorablement faire une descente abrupte dans les abysses de la case départ. Les manifestants vont jusqu'à donner des ultimatums aux étrangers pour quitter l'Afrique du Sud. Et c'est une belle occasion pour certains politiciens qui espèrent engranger des dividendes électoraux à l'orée des prochaines élections municipales. Comme pour dire que l'on peut se tailler un strapontin dans le pétrin même au prix du déclin d'un destin.

L'Afrique du Sud reste un pays fracturé par les inégalités sociales, et les frustrations qui en découlent pourraient, au-delà des étrangers, éclabousser une classe politique abonnée aux bruits de casseroles. En attendant, c'est le coeur meurtri que l'Afrique assiste à la Coupe du Monde aux relents de discrimination et à la Coupe d'Afrique de la xénophobie en Afrique du Sud.

Sous les ruines de la Nation Arc-en-ciel, se profile la xénophobie sous le manteau noir d'une fraternité peinte en noir par ces mêmes Noirs qui se plaignaient des racistes blancs. Attention, l'hiver noir avance, allumons les lampions de nos coeurs pour éclairer chacun de nos pas au combat ! La nouvelle Afrique doit marcher sur le tapis de la diversité parce que nous sommes le berceau de l'humanité. Et il n'y a pas d'étranger sur la planète Terre !

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