Dakar — La Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) a décliné, jeudi à Dakar ses attentes prioritaires, dans le cadre du partenariat public-privé, pour une relance réussie de l'économie nationale.
"On ne peut pas redynamiser l'économie sans le secteur privé, surtout en cette période de crise économique. C'est pourquoi nous soumettons aujourd'hui au gouvernement nos attentes prioritaires pour une relance réussie de notre économie", a déclaré Abdel Kader Ndiaye, président de la CNES.
Au cours d'une conférence de presse tenue jeudi à Dakar, M. Ndiaye a relevé qu'au sein du monde des affaires, "l'inquiétude grandit".
"Les entreprises font face à des menaces concrètes, relatives à la dette intérieure, au climat social très agité, faute de respect des engagements de l'Etat dans le pacte national de stabilité sociale, aux méthodes fiscales et douanières majeures menées sans concertation préalable, une pression fiscale devenue insoutenable pour tout le secteur informel", a estimé le responsable de la CNES.
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Tout en réaffirmant la disposition de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal à "bâtir un partenariat public-privé solide, dynamique, efficace et pérenne pour un Sénégal souverain, juste et prospère", Abdel Kader Ndiaye a listé cinq premières urgences auxquelles l'Etat devrait s'atteler.
"Nous demandons plus de visibilité de la part de l'Etat qui doit clarifier sa feuille de route économique et la partager de manière plus régulière", a-t-il indiqué, souhaitant une "concertation permanente".
"Nous exigeons l'institutionnalisation d'un dialogue direct Etat-patronat. La CNES regrette d'ailleurs avoir été exclue des dernières concertations nationales", a soutenu Abdel Kader Ndiaye.
Il a ensuite sollicité le respect du pacte national de stabilité sociale signé entre le gouvernement et les organisations syndicales et patronales, signalant que "le climat social est en ébullition du fait du non-respect par l'Etat de ses engagements".
L'Etat doit tenir ses promesses pour garantir la paix sociale, condition clé de notre compétitivité, a-t-il insisté.
Le président de la CNES a également réclamé la transparence sur la dette dite "cachée".
"La CNES se réjouit du fait que ce point fasse partie des priorités du nouveau gouvernement. Cela est indispensable pour rassurer les marchés, attirer les investisseurs et développer les programmes d'appui prioritaires", a-t-il indiqué.
Abdel Kader Ndiaye a enfin soulevé le problème du règlement "urgent" de la dette intérieure, appelant l'Etat à payer ce qu'il doit aux entreprises locales pour "oxygéner leur trésorerie et libérer l'investissement".
"La question de la dette intérieure pèse lourdement sur l'économie. Les retards de paiement de l'Etat et l'accumulation des arriérés asphyxient les entreprises locales, exercent une forte pression sur leur trésorerie et compromettent leur capacité d'investissement", a soutenu M. Ndiaye.
Lors de la rencontre avec les journalistes, le responsable de la CNES a mis en avant la pression fiscale "excessive", la transparence et la co-construction des textes législatifs, la promotion du contenu local et à la restructuration du coût des facteurs de production.