Afrique de l'Ouest: Plaidoyer pour une structuration du conseil et une plus grande présence africaine sur le marché mondial

Dakar — Le Salon international du conseil en Afrique de l'Ouest (SICAO) ambitionne de contribuer à la structuration du métier du conseil en Afrique, à l'adaptation du secteur aux mutations induites par l'intelligence artificielle et au renforcement de la présence du continent sur le marché mondial du conseil, ont indiqué jeudi ses responsables, jeudi, lors de l'ouverture de sa première édition à Dakar.

"Cette première édition du SICAO 2026 est un rendez-vous que nous avons imaginé, organisé et construit avec la conviction que l'Afrique doit prendre toute sa place dans le dossier mondial du Conseil", a indiqué Assane Mapathé Diop, commissaire général du Salon.

"Aujourd'hui, nous ne posons pas seulement les bases d'un évènement. Nous posons les fondations d'un mouvement destiné à renforcer le rôle du conseil dans la transformation de nos économies", a-t-il poursuivi.

Selon lui, la faible part de l'Afrique, qui ne capte aujourd'hui qu'environ 2 % sur un marché estimé autour des 1000 milliards de dollars, est une réalité qui doit interpeller, mais surtout mobiliser les populations du continent.

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"Les acteurs africains du Conseil doivent davantage structurer leur écosystème, valoriser leurs expertises et favoriser l'émergence de cabinets capables de s'imposer sur les marchés internationaux. Les bases sont désormais posées. Il nous appartient de créer des champions africains du Conseil et de nous imposer durablement dans cette industrie mondiale", a-t-il insisté.

Pour sa part, Lansana Gagny Sakho, ambassadeur institutionnel du Salon et président du Cercle des administrateurs publics, a présenté le SICAO comme un espace stratégique de réflexion et d'échanges autour des enjeux de transformation économique du continent.

"Ce salon est plus qu'un événement : c'est un signal, celui que l'Afrique de l'Ouest entend structurer son écosystème du Conseil, professionnaliser ses pratiques, valoriser ses compétences et affirmer son rôle dans la transformation économique du continent", a-t-il dit.

Pour lui, "l'une des principales faiblesses du métier du conseil en Afrique demeure son manque de structuration. Trop souvent, le conseil est devenu une activité dans laquelle chacun peut se proclamer consultant sans véritable cadre professionnel".

M. Sakho a également insisté sur les défis liés à l'essor de l'intelligence artificielle, qu'il considère comme une rupture majeure dans les méthodes de travail.

"L'intelligence artificielle peut produire des analyses, mais elle ne porte pas de responsabilité. Elle peut établir des scénarios, mais elle n'est pas arbitre. Elle peut prédire, mais elle ne peut pas convaincre", a-t-il soutenu.

De l'avis de Moussa Dia, entrepreneur sénégalais et partenaire du SICAO, l'IA va juste redéfinir les pratiques du métier du conseil et "non causer sa perte".

"A la sortie de ces deux jours de travaux, il faudra que les gens comprennent qu'il y aura toujours des cabinets de conseil, mais l'intelligence artificielle sera un levier incontournable pour qu'ils puissent survivre", a-t-il prévenu.Intervenant au nom de la Coopération africaine, partenaire fondateur du SICAO, Raheem Attoumane a souligné que le conseil est un instrument de souveraineté. "Il permet aux États de conduire leurs réformes avec rigueur, aux entreprises de renforcer leur compétitivité et aux citoyens de prendre des décisions éclairées", a-t-il affirmé.Pour lui, l'Afrique doit davantage investir dans son propre écosystème du conseil afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de l'expertise extérieure, et de développer des solutions adaptées à ses réalités.

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