À Madagascar, les performances sportives reposent souvent davantage sur la détermination des athlètes que sur la qualité de leur environnement d'entraînement. Le manque d'infrastructures adaptées demeure l'un des principaux freins au développement du sport national. À Antananarivo, où la population est passée d'environ quatre cent cinquante mille habitants en 1975 à plus de deux millions et demi aujourd'hui, le décalage entre croissance démographique et équipements sportifs apparaît de plus en plus évident.
La Commune urbaine d'Antananarivo (CUA) dispose principalement du gymnase couvert de Mahamasina, du stade d'Alarobia et du gymnase de Besarety. Ces infrastructures sont ouvertes au public, mais leur utilisation est soumise à une location destinée à financer leur entretien. « Tout le monde peut demander l'accès, à condition de payer la location et que le site soit disponible », explique Fenosoa Andriamanjato, responsable auprès de la CUA.
Parmi elles, le stade d'Alarobia est de loin le plus fréquenté. Selon un employé de la CUA rencontré lors de notre reportage, entre mille et deux mille cinq cents personnes y pratiquent quotidiennement une activité physique. « Le stade d'Alarobia avec sa piste homologuée reçoit entre mille et deux mille cinq cents utilisateurs par jour, de l'ouverture jusqu'à la fermeture», confie-t-il sous couvert anonyme.
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La piste est devenue un outil indispensable pour les athlètes de haut niveau. Ny Aina Anna Andrinjafy, récente championne d'Afrique australe du 400 m haies U20, s'y entraîne six jours sur sept. « Une infrastructure comme cette piste est primordiale pour nous qui recherchons la performance», souligne-t-elle.
Le ministère de la Jeunesse et des Sports gère pour sa part le Palais des sports Mahamasina, le gymnase Ankoay d'Ankorondrano. Le stade Barea, ainsi que son terrain annexe et les terrains de basketball, sont placés sous l'administration de la société anonyme KBM. Dans une capitale comme Antananarivo, la disponibilité des équipements sportifs ne permet plus de répondre aux besoins d'une métropole qui concentre une part importante de la population urbaine du pays.
La comparaison avec La Réunion est révélatrice. Avec environ huit cent quatre-vingt mille habitants, le département français compte plus de quatre mille équipements sportifs recensés, soit près d'un équipement pour deux cent vingts habitants.