Congo-Kinshasa: Des opérateurs pétroliers alertent sur un risque d'effondrement des importations à Goma

Les opérateurs économiques du secteur des hydrocarbures tirent la sonnette d'alarme face à un risque d'effondrement des importations de produits pétroliers dans la ville de Goma, au Nord-Kivu. Cette situation pourrait aggraver une crise économique déjà perceptible dans la région.

Selon plusieurs membres de la corporation des pétroliers, seuls cinq importateurs sur une quarantaine bénéficieraient d'allègements fiscaux accordés par les autorités de fait de l'AFC-M23. Cette situation pénalise fortement les autres opérateurs, contraints pour certains de fermer leurs stations-service.

Avantages fiscaux discriminatoires

D'après des sources concordantes, les frais douaniers appliqués à la Grande Barrière à Goma s'élèveraient jusqu'à 11 500 dollars américains pour un camion-citerne de 40 m³ de produits pétroliers. En revanche, les importateurs bénéficiant d'avantages fiscaux ne paieraient qu'environ 7 000 dollars pour le même chargement.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Cette disparité entraîne une concurrence jugée déloyale. Les stations approvisionnées par les cinq importateurs avantagés proposent le litre d'essence à environ 3 000 francs congolais (1.3 USD), tandis que les autres peinent à rester compétitives, même en fixant leurs prix à 3 100 francs.

Crise économique accentuée

Face à ces difficultés, plusieurs opérateurs préfèrent mettre leurs stations-service en location ou abandonnent complètement l'importation, devenue trop coûteuse. La situation est d'autant plus préoccupante que le pouvoir d'achat des consommateurs est en baisse, notamment en raison de la crise économique, de la suspension des activités de certaines ONG humanitaires et de la fermeture des banques dans la région.

Par ailleurs, des plaintes similaires concernant l'octroi de privilèges à certains opérateurs proches de l'AFC-M23 sont également signalées dans d'autres secteurs, notamment l'importation du riz, du sucre, de la farine et du ciment, au détriment de nombreux commerçants locaux.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.