Sénégal: La réduction des espaces d'élevage a entraîné la hausse des prix de la viande (syndicaliste)

Dakar — La cherté de la viande était "prévisible" au Sénégal car, les pouvoirs publics ont laissé d'autres acteurs empiéter sur les terres destinées à l'élevage et aux pâturages, a soutenu le président du Conseil national de la maison des éleveurs, Ismaïla Sow.

Les prix de la viande bovine et de mouton ne cessent de grimper à Dakar, par exemple. En deux ans, ils sont passés de 3 500 à 6 000 francs CFA dans des boucheries visitées par l'APS.

Les bouchers, les éleveurs et les consommateurs interrogés invoquent diverses raisons et parlent de plusieurs causes, quant à l'origine de cette hausse: la cherté du prix de l'aliment de bétail, l'impact de la crise sécuritaire de certains pays de la région sur les importations de bétail vers le Sénégal, etc.

"Cette situation était prévisible", a soutenu Ismaïla Sow dans un entretien avec l'APS.

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Il ajoute que les pouvoirs publics ont laissé d'autres acteurs "empiéter sur les terres destinées à l'élevage et aux pâturages".

"Il y avait des espaces pour cultiver. D'autres servaient à faire paître les animaux", a rappelé M. Sow.

D'après lui, certains de ces espaces destinés à l'élevage sont utilisés à d'autres fins.

"L'État fait appel à des experts qui non seulement ne maîtrisent pas la situation, mais copient aussi le modèle européen. Or, les réalités ne sont pas les mêmes au Sénégal et en Europe, en matière d'élevage", a relevé le président du Conseil national de la maison des éleveurs, une organisation syndicale.

Dans un pays où il ne pleut que trois à quatre mois dans l'année, ce n'est pas judicieux de faire paître le bétail dans les mêmes endroits, a-t-il dit.

Les pouvoirs publics sénégalais recourent à la vulgarisation des cultures fourragères, observe Ismaïla Sow, estimant que cette solution préconisée contre le manque de pâturages nécessite non seulement des terres cultivables, mais aussi beaucoup de moyens.

"L'entretien des fermes nécessite de l'eau, de l'électricité, du matériel, etc. Tout cela a un coût, qui va se répercuter sur le prix de vente du bétail et celui de la viande", a-t-il signalé.

M. Sow affirme, à la suite des bouchers et des éleveurs interrogés par l'APS, que la cherté de l'alimentation du bétail est l'une des causes de la hausse des prix de la viande.

"Le prix de la paille d'arachide, par exemple, coûte très cher cette année. L'insécurité au Mali empêche la circulation du cheptel vers le Sénégal. À cause de tout cela, le kilo de viande pourrait coûter encore plus cher", a-t-il ajouté.

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