Le député du Social Democratic Front (SDF), Joshua Osih, a déposé cinq propositions de loi auprès du Parlement camerounais. Elles devront être débattues au cours de la session parlementaire de juin qui se tient actuellement. Deux textes portent sur des questions sociales largement consensuelles au Cameroun : la prévention et la répression des féminicides et des violences faites aux femmes, d'une part ; la protection renforcée des enfants contre les violences sexuelles, les enlèvements, la traite et les crimes rituels, d'autre part.
Selon Joshua Osih, il s'agit, dans un premier temps, de mieux protéger les femmes et les jeunes filles contre les violences, en introduisant des mécanismes modernes de prévention, de protection d'urgence, de prise en charge des victimes et de poursuite des auteurs.
La deuxième proposition vise à faire du Cameroun l'un des pays africains les plus protecteurs envers les enfants. Des questions sociales qui devraient, selon Joshua Osih, susciter logiquement l'adhésion du Parlement : « Je pense que tous ceux qui sont à l'Assemblée nationale, quel que soit leur parti, sont contre les féminicides. Je pense que tout le monde est aussi contre les infanticides. Si le président de l'Assemblée nationale issu du Rassemblement démocratique du peuple camerounais [le RDPC, le parti présidentiel, NDLR] décide de ne pas présenter ces propositions de loi en conférence des présidents, il en portera la responsabilité. »
Renforcer la cohésion nationale
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Autre constat fait par le député de l'opposition : en ce moment, plusieurs Camerounais ne se sentent pas chez eux, partout dans le pays. La faute à des tensions entre autochtones et allogènes dans plusieurs villes et villages. D'où sa troisième proposition qui vise la cohésion nationale et introduit une « citoyenneté de résidence ».
« Il y a des instruments qui existent dans le monde entier, assure Joshua Osih. Nous avons pris ce qu'il y a de mieux pour le mettre dans le contexte camerounais, pour qu'on puisse habiter au Cameroun, partout dans ce pays et se sentir chez nous ».
Le SDF propose également l'application de l'article 66 de la Constitution et la déclaration des biens des responsables publics, ainsi que la reconnaissance de la traite négrière, de l'esclavage et de la colonisation comme des crimes contre l'humanité, avec un volet consacré aux réparations et à la restitution du patrimoine culturel.