Au Kenya, entre 2024 et 2025, plus de 100 personnes ont été tuées lors de journées de protestations anti-gouvernementales fortement réprimées par les forces de l'ordre. Le 25 juin 2024 notamment, des milliers de Kényans étaient descendus dans les rues pour s'opposer à la loi de finances publiques et ses nombreuses taxes. La journée avait fini dans la violence. À l'approche de cette date anniversaire, un service religieux a eu lieu en mémoire des victimes, le 21 juin dans l'église Nairobi Baptist Church.
Les noms des manifestants décédés résonnent dans cette église de Nairobi. Le révérend Chris Kinyanjui appelle à prier pour les jeunes « qui ne sont pas rentrés chez eux ». Il est le Secrétaire général du Conseil national des Églises du Kenya. « L'Église a ressenti le besoin d'exprimer sa solidarité avec les jeunes qui réclament justice, souligne-t-il. Beaucoup ont été tués dans les rues, suite à des tirs des forces de sécurité. Pourtant, ils étaient sortis manifester avec pour seuls équipements un drapeau, un smartphone et une bouteille d'eau. Nous veillons à ce que le pays n'oublie pas ».
« Je rentrais du travail et le gouvernement m'a tiré dessus »
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Plusieurs victimes sont venues témoigner, comme Minne Gathoni, blessée il y a un an. Elle lance un message au président du pays, William Ruto : « Je rentrais du travail. Puis, je ne sais pas ce qui s'est passé, le gouvernement m'a tiré dessus. J'ai subi trois opérations. Un président protège son peuple, mais vous, vous creusez le fossé de plus en plus. »
Le chef de l'État kényan a promis plus de 13 millions d'euros pour indemniser les victimes des manifestations depuis 2017.
« Ce que nous demandons, c'est que des comptes soient rendus »
Ce n'est pas assez pour Chrisphine Odawa. Son fils, Rex Masai, a été tué en juin 2024. Il attend toujours justice. « C'est la raison pour laquelle nous prions. L'indemnisation ne règle pas tout. Ce que nous demandons, c'est que des comptes soient rendus. Il faut indemniser les victimes, arrêter de tuer et poursuivre en justice chaque policier qui s'est rendu coupable d'exactions contre les manifestants », lance-t-il.
Une nouvelle mobilisation est prévue le 25 juin prochain, en hommage aux victimes.