Le Niger vient d’enregistrer en six (6) mois la seconde attaque terroriste sur l’aéroport Hamani Diori de Niamey, avec bien entendu un bilan beaucoup plus lourd que le premier, quoique les moyens utilisés cette fois soient à priori de moindre envergure.
En effet, lors de la première attaque du mois de janvier 2026, les pertes enregistrées du côté des forces armées nigériennes étaient moins élevées si l’on en croit les sources officielles qui faisaient état de vingt (20) assaillants neutralisés (selon leur jargon), 11 arrestations et quatre (4) militaires nigériens blessés, quoique les dégâts matériels aient été importants. Cette fois-ci, ce sont 11 militaires et 2 civils et 22 assaillants qui ont perdu la vie.
Le groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) avait revendiqué l’attaque, non sans révéler leur modus operandi qui, le moins qu’on puisse dire, interrogeait fortement sur la capacité de l’armée nigérienne et plus généralement de l’État à assurer la sécurité du territoire.
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On parle bien d’une attaque de l’aéroport qui se trouve en plein cœur de Niamey, et pas n’importe où ; car le site est un complexe stratégique civilo-militaire de premier plan. Il accueille en effet la base des drones, des aéronefs de guerre, ainsi que des installations de défense, sans oublier que les troupes françaises de l’opération Barkhane, qui ont été « chassées » du Mali, avaient établi leur quartier dans la zone.
C’est dire que non seulement c’était sécurisé du point de vue militaire, mais aussi du côté de l’aviation civile, étant entendu que l’aéroport de Niamey reste à ce jour le seul point où on devait s’attendre à une sécurité au top. Le Niger ne peut accéder à la mer que via le Bénin, or les relations entre les deux pays sont restées tendues depuis au moins 2 ans Ses frontières terrestres, à l’instar des autres pays de l’AES, restent la proie des incursions fréquentes des troupes djihadistes Il s’y ajoute que l'aéroport international Diori Hamani de Niamey abrite le quartier général du dispositif conjoint Niger-Mali-Burkina Faso pour les opérations antiterroristes régionales.
Comment donc un endroit aussi sensible a-t-il pu être aussi exposé, vulnérable à ce point, et s’il vous plait, à deux reprises ? Il est vrai que la guerre asymétrique à laquelle le pays fait face, et qui se mesure à l’aune des moyens presque rudimentaires utilisés, reste une réalité, mais n’explique pas tout au regard de ce qui précède.
Viser l’aéroport de Niamey renvoie à un signal très fort aux pays de l’AES, qu’il faut analyser de façon beaucoup plus stratégique. Le schéma d’ensemble est qu’il faut rompre la chaine d’approvisionnement du Mali, et l’étouffer économiquement, réduire la capacité de l’aéroport de Niamey à accueillir des vols civils et militaires en détruisant les installations stratégiques de coordination des opérations sur un immense territoire, que le pays seul, et avec ses alliés, peine à en assurer la sécurité.
Jamais deux sans trois, dit l’adage, mais d’ores et déjà plusieurs questions se posent pour empêcher un troisième attentat sur l’aéroport Hamani Diori. D’abord, comment des gens armés ont-ils pu traverser tout Niamey pour rejoindre l’aéroport à bord de taxis, de motos ou de pick-up ?
Ensuite, comment accéder au périmètre de l’aéroport que l’on sait muni d’un dispositif de sécurité assez bien organisé ; ceux qui sont passés par l’aéroport de Niamey savent bien que l’expertise turque a réalisé un bel édifice et bien aux normes. Bien entendu, la perspective qui doit se dessiner ne doit aucunement se réduire aujourd’hui à une stratégie défensive, voire de containment que le Niger assumerait seul.
Au mieux, cette perspective doit être collective, articulée autour d’un mécanisme qui pourrait réduire la concentration du dispositif de coordination de la lutte anti-djihadiste en un seul site, à Niamey, pour éviter ainsi ce qui s’est passé au Mali avec le camion suicide qui a tué son ministre de la Défense, le Général Sadio Camara. Le Niger devra, en tout cas, apprendre de ses vulnérabilités (liées à sa frontière avec 7 pays, dont le Nigéria et le Tchad où sévit Boko Haram), dès lors que la reprise de ses relations diplomatiques avec le Bénin est en bonne voie.