Madagascar: Redressement judiciaire - La mission de l'administrateur reste provisoire

Depuis le 8 mai, Serge Imbeh Jovial est administrateur judiciaire provisoire du groupe Sodiat sur décision du Pôle anti-corruption (PAC). Il insiste sur une mission limitée dans le temps et strictement encadrée.

Nommé administrateur judiciaire provisoire du groupe Sodiat depuis le 8 mai par le Pôle anti-corruption (PAC), Serge Imbeh Jovial, a donné une conférence de presse, jeudi, à Antanimena. Il insiste sur le caractère strictement temporaire de sa mission. Dans un contexte marqué par des interrogations sur l'avenir du groupe, il cherche à clarifier la portée de son intervention : une gestion de transition, et non une prise de contrôle.

« La nomination a déjà été faite, la voie est tracée. C'est provisoire pour le fonctionnement du groupe », affirme-t-il, en rappelant que son rôle s'inscrit dans un cadre légal limité et encadré par l'autorité judiciaire.

Au coeur de cette administration provisoire, une précision revient avec insistance : l'absence de transfert de propriété ou de pouvoir de disposition sur les actifs. L'administrateur judiciaire se veut catégorique sur les limites de son mandat. « Je ne peux pas céder les avoirs, je ne peux pas vendre les biens, même en cas de proposition d'achat du bâtiment Pradon », explique-t-il.

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Cette position vise à dissiper toute confusion sur la nature de l'intervention du PAC, alors que 29 sociétés sont concernées par cette mesure. L'objectif affiché est « la continuité des activités et la préservation des actifs dans une période jugée sensible ».

Maintien des emplois

Dans cette phase de transition, la priorité affichée reste la stabilité du groupe et la sauvegarde de son fonctionnement. Les actions engagées visent à éviter toute dégradation de la situation financière et sociale des entités concernées. « Préserver les actifs, c'est faire en sorte que les biens ne diminuent pas et soient conservés », souligne-t-il.

Au-delà des aspects patrimoniaux, la dimension sociale occupe une place centrale. Le maintien des emplois constitue un axe majeur de la mission, dans un contexte où certaines activités sont déjà ralenties. « Il s'agit de maintenir les employés durant les relances, jusqu'à ce que la situation soit clarifiée. L'objectif est qu'aucun employé ne parte, y compris ceux qui sont en chômage technique », précise-t-il.

Sur le plan de la gouvernance, l'administrateur judiciaire insiste sur la transparence du dispositif. Un plan de gestion a été élaboré et des rapports réguliers sont transmis aux autorités compétentes, dont le Pôle anti-corruption (PAC) et le Service de renseignement et d'investigation (RI). Ces documents permettent de suivre l'évolution de la situation, les difficultés rencontrées, notamment liées aux comptes bloqués, ainsi que les progrès réalisés dans la gestion du groupe.

Cette intervention soulève des enjeux économiques et sociaux majeurs. Avec 29 sociétés concernées, l'enjeu dépasse la simple gestion de crise : il s'agit de maintenir un équilibre fragile entre continuité économique, protection des emplois et préservation des actifs. « Mes motivations dans cette mission sont la création d'emplois, la préservation des actifs et le développement des sociétés. »

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