Dans une démarche visant à préserver et transmettre le patrimoine musical marocain aux nouvelles générations, l'Association Oulad El Houma pour la culture et les arts a organisé récemment, au Complexe culturel Sidi Belyout à Casablanca, une conférence de presse consacrée à la présentation de la deuxième édition du Festival national Ghiwani pour la jeunesse, qui se tiendra du 26 au 28 juin 2026 à Marrakech.
Cette rencontre a permis de dévoiler les objectifs et les grandes lignes du programme artistique et culturel de cette manifestation, dont l'ambition est de valoriser l'héritage de la musique ghiwanie marocaine et de mettre en lumière son rôle dans la consolidation de l'identité culturelle nationale. Le festival entend également offrir aux jeunes talents une plateforme d'expression leur permettant de révéler leur créativité et leur savoir-faire dans un registre musical qui constitue, depuis plusieurs décennies, un pilier de la mémoire collective marocaine.
Prenant la parole lors de cette conférence, Ahmed Nassih Casawi, fondateur et président de l'Association Club Casablanca du cinéma, a tenu à rappeler la véritable portée du mouvement ghiwani, loin des lectures réductrices qui le présentent comme un simple courant artistique passager. Selon lui, la pérennité des groupes qui continuent de porter cette chanson engagée, porteuse des préoccupations des peuples marocain et arabe, démontre qu'il ne s'agit nullement d'un phénomène éphémère, mais d'une continuité culturelle profondément ancrée dans la société.
«Tant que ces groupes continuent d'exister et de créer, il est impossible de parler d'un phénomène passager. Le mouvement ghiwani représente une école de pensée, une mémoire collective vivante qui continue d'inspirer les jeunes générations par son authenticité, ses valeurs et son engagement», a-t-il souligné.
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Dans le même esprit, il a indiqué que les organisateurs du festival, à leur tête Said Tabouch, président de l'Association Oulad El Houma et directeur du festival, défendent une vision fondatrice selon laquelle les groupes musicaux engagés, porteurs des aspirations populaires et des préoccupations sociétales, ne relèvent pas d'un simple épisode artistique conjoncturel. Ils incarnent au contraire une continuité historique et culturelle profondément enracinée dans la mémoire marocaine et arabe.
Cette approche, a-t-il expliqué, est essentielle, car elle permet de faire passer le mouvement ghiwani du registre de l'exception à celui de la permanence. Des formations emblématiques telles que Nass El Ghiwane, Jil Jilala, Lemchaheb ou encore Angham ne sont pas de simples acteurs d'une époque révolue. Elles s'inscrivent dans le prolongement d'une tradition artistique authentique puisant ses sources dans le melhoun, le zajal et les expressions populaires marocaines, tout en leur conférant une dimension contemporaine et engagée.
La programmation du festival prévoit la participation de plusieurs groupes ghiwanis émergents ainsi que d'artistes investis dans la promotion de l'art engagé. Des rencontres intellectuelles, des conférences et des échanges artistiques viendront également enrichir l'événement, en mettant en perspective l'histoire du mouvement ghiwani, ses dimensions culturelles et sociales, ainsi que son rôle dans l'accompagnement des mutations qu'a connues la société marocaine au fil des décennies.
Les organisateurs ont par ailleurs souligné que cette manifestation se veut un espace de dialogue et de transmission entre les générations. Elle ambitionne de renforcer la place de la chanson ghiwanie en tant que composante majeure du patrimoine culturel national, tout en encourageant les jeunes à s'investir dans des projets artistiques porteurs de sens, capables de préserver cet héritage tout en lui ouvrant de nouvelles perspectives de renouvellement et de rayonnement.
Cette conférence de presse a enfin permis de dévoiler les principaux temps forts de la deuxième édition du festival, les invités attendus ainsi que les différents partenaires institutionnels et associatifs ayant contribué à la concrétisation de cette initiative. Une mobilisation qui témoigne du rôle central de l'action culturelle et associative dans la préservation du patrimoine immatériel marocain et dans la promotion du développement culturel et artistique du Royaume.